Le loisir devient interactif

La start up industrielle ? L’enquête se poursuit. En collaboration avec le Collectif Startups industrielles. Aujourd’hui les drones font leur entrée dans les parcs de loisirs. Un entretien avec Vincent Rigau, de Drone Interactive. (https://www.drone-interactive.com/)

Quelle est la genèse de Drone Interactive ? 

Je suis un ingénieur en robotique, diplômé en 2007. Toute ma carrière s’est faite dans la robotique, l’industrie, mais plutôt sous la forme start up. A l’exception d’un passage, de 2012 à 2015, dans la filiale de valorisation de l’Université Joseph Fourier. J’y ai traité un spectre très large de sujets. 

Le produit de Drone Interactive, Arcadrone, est un jeu de pilotage de drone interactif pour parc de loisirs. Il complète l’offre standard de karting, bowling, laser game…

Le projet Drone Interactive, a commencé par une phase de maturation, en 2016, 2017. En 2018, la société a été créée. Les premiers financements sont venus d’une Société d’Accélération de Transfert de Technologie (SATT), qui finance des projets industriels, qui intègrent une brique technologique issue de la recherche. C’est une aide, par son montant, sans beaucoup d’équivalents. Cela nous a permis de faire un POC produit. Début 2018, le projet s’est accéléré  avec 5 cofondateurs à temps plein. Le prototype préindustriel est sorti en 2018 / 2019. 2 Arcadrone sont en exploitation, en France et en Suisse. Nous en espérons bientôt de nouvelles ventes. Mais nous avons été fortement impactés par le covid qui nous a fait prendre pas mal de retard sur notre roadmap.

Quels sont les problèmes que vous devez résoudre ? 

Aujourd’hui, nous sommes 11 personnes dans des locaux de 250m2, un tiers bureau, un tiers plateau technique, un tiers atelier. Ces locaux ont été compliqués à trouver ! Au départ nous étions hébergés par le campus de Grenoble, et les équipes devaient beaucoup se déplacer.

L’assemblage final se fait chez le client, nous assemblons des sous-systèmes dans nos locaux. Le reste est acheté sur « étagère », ou à des fournisseurs. Nous avons monté un réseau de partenaires industriels. Les relations avec ces partenaires est la responsabilité d’un des membres de l’équipe, qui a l’habitude des relations industrielles et sait parler aux fournisseurs. 

La principale question est celle du financement. Nous avons fait plusieurs tours de table, auprès de proches, de nos réseaux, de business angels. Nous avons levé 800.000€. Ce qui n’est pas beaucoup pour un projet industriel. Nous sommes sous-capitalisés, ce qui fait que nous n’avançons pas aussi vite que nous le devrions. Au printemps 2020, on voulait profiter de la « traction » commerciale qui augmentait pour faire une levée de fonds, mais tout a été gelé avec la crise Covid. À titre d’exemple, nous sommes en train de signer un contrat qui était sur le point d’être signé début 2020 !

Pour un projet industriel, la grande difficulté est de trouver des financements pour la phase d’industrialisation. Jusque-là il y a des aides. Par exemple, nous avons été lauréats du concours d’innovation qui nous a valu 300.000€ d’aide. Mais, ensuite, il n’y a plus rien. Or, il y a peu de fonds qui financent les start up industrielles, et le secteur du loisir n’a pas la cote en France, contrairement à ce qui se passe aux USA. 

Heureusement, c’est en train de changer. Quelques fonds européens se positionnent sur le loisir et la BPI renforce son action sur le secteur avec la French Touch et un nouveau fonds dédié. Mais c’est très récent. 

Le produit est vendu plus de 100.000€. Or, suite au COVID, les parcs sont endettés et ont du mal à investir. Dans ce contexte, nous avons conçu une offre sous la forme d’une mise à disposition pour seulement 20.000, adossée à un partage des revenus liés à l’exploitation. Nous espérons que cette nouvelle offre va lever le frein des commandes, et déclencher notre future levée de fonds. 

Nous étudions également la possibilité de nous adosser à un groupe important du secteur. Un groupe mondial solide pourrait d’une part investir, et il y aurait des synergies pour la production, la maintenance, le développement commercial international. Nous avons entamé des contacts avec plusieurs acteurs. 

Et l’avenir ? 

Aujourd’hui, dans l’offre des parcs, il y a le standard (les attractions traditionnelles) et le nouveau. A terme nous aimerions faire entrer notre produit Arcadrone dans le standard ! Et le vendre à plusieurs milliers d’exemplaires, partout dans le monde. 

Par ailleurs, nous sommes capables de faire beaucoup de choses avec des drones et notre ambition est de développer toute une gamme de produits dans le secteur du loisirs et devenir un acteur reconnu dans cette industrie. 

Publié par Christophe Faurie

Président association des INTERPRENEURS. Nos entreprises ont une créativité hors du commun : c'est la solution aux problèmes du pays.

2 commentaires sur « Le loisir devient interactif »

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