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FactoVia : l’Usine 4.0, c’est facile… 

Industrie 4.0 ? Une mode de management ? Encore un « Buzz Word » ? Pas du tout, Vincent Thavonekham en fait une réalité.  

Voici un entretien avec le fondateur de FactoVia. (https://www.factovia.tech/) Nous poursuivons l’étude de la start-up industrielle que nous menons en collaboration avec le Collectif Startups Industrielles France.  

Quel est votre parcours ?  

Après avoir réalisé mes études supérieures en France (Génie Mécanique & Productique) en 1997, j’ai souhaité goûter à l’enseignement britannique et parfaire mon anglais. J’ai obtenu un Bachelor of Engineering with Honours, après quoi j’ai relevé le défi d’enchainer sur un Master of Science IT en intelligence artificielle. Je voulais mélanger les deux disciplines et j’ai exercé quelques années à Londres dans un univers très compétitif, dans les années 2000. Quand je suis revenu en France, j’ai eu l’impression de reculer de plusieurs années, tant en termes technologiques qu’en pragmatisme de réalisation de projets. Par exemple, alors qu’aujourd’hui cela va de soi, personne ne voulait réellement mettre en place les principes « agiles » et je me suis fait convoquer par ma Direction Générale plus d’une fois pour n’avoir pas mis en place des projets « cycles en V » comme ce que l’on nous a appris à l’école ! Il y avait des freins à différents niveaux. 

J’ai travaillé à la General Electric Healthcare, où j’ai pu acquérir de belles expériences en agilité et Cloud, mais j’ai été limité par la bureaucratie et été attristé de voir les gaspillages de moyens et d’énergie. Aussi, ai-je rejoint une société de service pour aider nos clients à ne pas reproduire ces mêmes erreurs. J’y ai obtenu, notamment de Microsoft, quelques distinctions mondiales pour l’équipe et pour moi-même. 

Après une longue réflexion, je me suis lancé dans l’aventure de la startup. Pour me faire connaître, j’ai commencé à fait le tour de France des entreprises : petites ou multinationales, grandes villes ou petites villes, en province, en montagne… J’ai d’ailleurs été identifié par la BPI France, qui va prendre le relai de cette vulgarisation à l’occasion du traditionnel « Big Tour » dans 28 villes de France durant 7 mois ! 

Que fait votre entreprise ?  

Par rapport à l’urgence climatique, FactoVia amène rapidement ses clients à maîtriser l’état de l’art pour mettre en œuvre l’ « usine 4.0 », tant au niveau stratégique, qu’au niveau technologique. Certains parlent d’ « usine 5.0 », d’usine étendue, ou encore d’industrie du futur, ou d’industrie 4.0… Bref, combiné à une panoplie de technologies qui en plus changent de nom fréquemment, c’est généralement incompréhensible ! Or, tout le monde en parle : les journalistes, le marketing, les vendeurs de logiciels, les industriels… 

Il y a tant de « vérités » possibles face à ce sujet d’ampleur ! Pour y voir plus clair, FactoVia voulait retourner à la source pour être le moins biaisé possible, et nous avons créé une plate-forme Web à mi-chemin entre « booking.com » et Yuka. Et au lieu de chercher des hôtels évalués et notés, on y recherche des fiches de retour d’expérience. Ces dernières sont créées par des industriels pour des industriels. Ces fiches sont surtout notées par les industriels : ceux qui sont déjà « passés par là » et qui ont déjà « essuyés les plâtres » ! Tous peuvent ainsi entrer en relation pour simplifier davantage la mise en place de telle ou telle solution. 

A côté de cela, j’ai conçu et créé une usine miniaturisée, car la « transformation digitale » de l’Industrie 4.0, personne n’y comprend rien ! Vu de l’extérieur, on n’y voit rien d’extraordinaire car les technologies digitales sont invisibles à l’œil nu.  

Or, c’est dans les usages que l’on va commencer à comprendre les différences avec une usine « classique ». Tel un enfant qui découvre l’usage de la tablette et trouve cela intuitif en 10 minutes, les cas d’usages 4.0 sont simples à comprendre et à utiliser. Mais pour un industriel, pour qui cela représente déjà un bond quantique, il est nécessaire de trouver le savant dosage entre nouvelles technologies « high-tech », « low-tech » et même de « no-tech » lorsque cela fait sens, surtout dans un contexte d’industrie « circulaire » qui vise à préserver l’environnement.  

C’est une véritable usine, avec des capteurs et actionneurs, un automate programmable, des PC industriels, des standards et contraintes de sécurité industriels, une plate-forme Cloud, et même, s’il le faut, un ERP ou la possibilité d’interagir avec de véritables robots. Par conséquent, les concepts deviennent concrets et palpables. D’un côté, on peut ainsi anticiper les difficultés que l’on peut avoir dans l’entreprise lors de l’implémentation future de tels projets. De l’autre, on montre aussi comment l’internet des objets connectés permet d’être efficace à moindres coûts. Donc, passer de l’idée à l’acte devient plus rapide. 

Ensuite, les clients me demandent d’être l’architecte de la réalisation du projet de déploiement à l’échelle dans leurs usines : je prescris le travail à faire ainsi que les personnes et sociétés compétentes pour cela : je suis un hub de mise en relation !  

C’est un service très demandé par des petites structures pour apporter l’innovation, et également par les multinationales, qui souhaitent un regard externe et comptent sur nous pour accélérer une certaine lourdeur liée à la taille de l’entreprise, où les experts travaillent généralement en silo.  

Avec FactoVia Hub, de nombreux experts sont là sous la main ! Ce qu’une entreprise n’arrive parfois pas à faire en quelques années, nous le faisons en quelques semaines ! Le marché actuel sait aussi aider ces industriels, que ce soit dans un contexte de multinationale, ou de petite structure. Le premier, où on travaille en silo entre experts, service commercial, et service juridique qui ne prend pas de risque d’engagements, avec pour résultat des long temps de réponse. Et à l’inverse, la petite structure qui ne dispose pas des experts nécessaires, là où FactoVia dispose de ces connaissances et avance vite. Au final, nous gagnons des projets d’ampleur ayant une forte visibilité, alors qu’au départ personne ne voulait/pouvait travailler sur ces projets pourtant intéressants ! 

Aujourd’hui, nous avons 5 clients très connus en France. Et le business model fait que je pourrais en avoir 20 ou même 100 : Je peux étendre mon marché en redirigeant les clients vers des partenaires du « Hub ».  

Le CETIM vient de retenir mon matériel pédagogique sur un projet conséquent, dans le cadre du grand plan de relance initié par l’Etat.  

En parallèle, nous avons remporté un projet consistant à monter un showroom à New-York. 

Quels ont été les problèmes que vous avez rencontrés ? 

J’ai eu beaucoup de difficultés avec les aides. J’ai démissionné, donc je n’avais droit à rien, et ma conseillère Pôle Emploi a malheureusement été 6 mois en congé maladie. Lorsqu’elle est revenue, elle avait des informations très pertinentes et j’ai découvert que j’aurais pu bénéficier de beaucoup d’aides, mais qu’il était trop tard. Quant à la CCI, elle a perdu 75% de ses moyens, et tous ses services sont payants, car j’avais déjà créé la société. Le mauvais phasing me poursuit : à chaque fois qu’un organisme me donnait un conseil, on me disait après que j’avais fait une erreur en le suivant, que je ne pouvais plus avoir d’aide ! Heureusement que j’ai été aidé efficacement par EuraTechnologies, grâce à une personne que je connaissais, et cela m’a aidé à avoir les bases de la création d’entreprise, et aussi l’aide européenne « de minimis ». Et aussi une petite aide potentielle des Hauts-de-France, mais elle est très compliquée à obtenir. 

Monter mon projet a été compliqué, même si, à présent, il est sur les rails. J’ai des brevets à considérer, plus de 70 partenaires à gérer, des clients industriels, où de nombreux sujets sont confidentiels… Il me faut protéger mes investissements et ma R&D, et j’ai eu aussi beaucoup de mal à trouver un juriste spécialiste des normes, brevets, RGPD. Et les avocats utilisaient des jargons souvent incompréhensibles pour un novice comme moi. Même trouver le bon expert-comptable et la bonne banque qui allait gérer mon expansion à l’international a été difficile. Tout cela m’a fait perdre du temps. Mais j’ai fini par trouver des gens exceptionnels, à force de ténacité et de recherches ! 

Et l’avenir ?  

Un avenir radieux puisque les bases sont là, et le marché (PME, ETI et Grandes Entreprises) semble réceptif à notre offre. Je dois réussir mon ouverture à l’international et refondre la plate-forme Web existante de Hub pour la rendre scalable, car pour le moment, même si elle est opérationnelle, c’est une version beta pour nos clients en phase pilote. Pour cela j’ai besoin de recruter 8 personnes et de lever des fonds.  

Publié par Christophe Faurie

Président association des INTERPRENEURS. Nos entreprises ont une créativité hors du commun : c'est la solution aux problèmes du pays.

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