Changer la France avec Jean-Claude Mairal

Homme politique ayant parcouru « toutes les strates » des responsabilités électives au niveau des collectivités, Jean-Claude Mairal a poursuivi une réflexion personnelle qui l’a transformé « d’accro à l’Etat central »  à, quasiment, son opposé. 

Comment analyse-t-il l’état actuel du pays ? Quelles sont les premières mesures à prendre à la sortie du confinement ? 

Comment voyez-vous notre pays ?

Déresponsabilisation et concurrence généralisées. Si on ne change pas, on va finir comme l’Union Soviétique. Tout ne peut pas être géré de Paris. 

Inefficacité. Notre pays donne l’image d’une « armée mexicaine ». Avec ses strates administratives, sa dizaine d’associations de collectivités, chacune défendant son bifteck, ses élus qui le plus souvent ne parviennent pas à s’entendre. Tout est cloisonné. Personne ne se parle réellement et agit concrètement pour co-construire les politiques publiques. Nous avons le second réseau international après celui des Américains, nous avons de très nombreuses coopérations avec différents acteurs (Quai d’Orsay, autres ministères, collectivités, ONG, secteur éducatif, entreprises, etc) mais chacun agit en ordre dispersé, quand ce n’est pas de la concurrence entre eux. Et nos gouvernements lancent de nouvelles politiques, qui ne sont jamais évaluées, et qui sont annulées par le gouvernement suivant. C’est une perte d’énergie ! C’est intolérable ! Ah si tout le monde travaillait ensemble !

Au moins, le covid 19 a obligé à repenser la gouvernance du pays. Le copilotage maire-préfet en est un exemple. 

Comment tirer le pays de ses difficultés ? Que faire à la sortie du confinement ?

Il faut partir du territoire. Mettre tous ses acteurs autour de la table. Il faut qu’ils créent et s’accordent sur un projet de territoire. Ce n’est pas difficile à faire. On l’a fait à Vichy en 2017 sur les questions de francophonie. 

Il faut impérativement des passerelles entre tous les acteurs, un lien de territoire à territoire. Un exemple est « le voyage apprenant ». Chacun observe l’autre, qui profite d’un regard extérieur. 

Pourquoi pas, aussi, une émission à une heure de grande écoute, qui parle des démarches d’innovation dans les territoires, avec un débat entre ministres et porteurs de projets, qui donne à voir du dynamisme, qui « donne envie » ?

Il faut déboucher sur des projets concrets. Un exemple en est la filière bois de la région Auvergne au niveau de Vichy Communauté, qui est sortie de la réflexion sur la reconversion du site Montpertuis de l’usine Manurhin. Elle tire parti des massifs forestiers, des lycées et formations universitaires et des entreprises locales, pour se positionner dans des domaines bien particuliers. Autre exemple plus ancien : La région Auvergne en 2005 a développé une coopération avec la province chinoise du Lyaoning dont Shenyang est la capitale, qui a profité à notre CHU et à nos universitaires, grâce à Michelin, qui y possède une usine. 

L’Etat central, la région, le département et les intercommunalités, doivent donner un cap, mais pas des normes. Ils doivent aider les projets dynamiques, qui ont un intérêt pour le territoire. 

Publié par christophefaurie

Co fondateur de l'association des INTERPRENEURS. Comment rétablir le plein emploi en tirant parti de la créativité de la PME traditionnelle.

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