Etude des clusters d’entreprises

La PME française a une créativité exceptionnelle. Une première série d’études montre qu’elle est mal exploitée du fait de la « solitude » de son dirigeant. Exception culturelle, le Français « ne chasse pas en meute ». Pourtant, il y a plus de 300 groupements d’entreprises au sein de la fédération France Clusters. Quels sont les facteurs qui sont à l’origine de ces clusters ? Peut-on trouver un enseignement utile à toutes les PME françaises ?

Pour éclaircir ces questions, l’association des interpreneurs s’est rapprochée de France Clusters. Elle a mené au premier semestre 2021 une étude qualitative auprès d’une vingtaine de clusters, dont les résultats ont été publiés par ce blog. Cette enquête portait sur trois thèmes principaux :

  1. Qu’est-ce qui amène les entrepreneurs français à coopérer ?
  2. Quel a été l’impact du coronavirus sur les clusters ? 
  3. Comment les clusters devraient-ils évoluer ? 

Synthèse

Le résultat majeur de cette étude est que le manque de performance de la PME que constate la loi PACTE ne tient pas à l’entreprise elle-même, mais au manque de stimulation qu’elle reçoit de son environnement immédiat. Les PME appartenant aux clusters ressemblent aux autres PME, alors qu’elles sont bien plus modernes et performantes. Le rôle de la PME n’est pas d’avoir une « vision », comme on l’entend très souvent, mais de « produire ». C’est le cluster qui l’aide à faire « émerger » une stratégie. Notamment en lui fournissant l’accès au marché, dont les « éléments avancés », les « influenceurs », sont membres du cluster, et « aspirent » la PME. 

La force de l’Allemagne, que l’on cite si souvent en exemple !, est le collectif, non l’esprit entrepreneurial de ses patrons. Ce qui fait la force d’un territoire est un tissu interconnecté d’entreprises et d’institutions publiques poursuivant un objectif commun, nommé « business cluster ».

Les caractéristiques principales des clusters étudiés :

  1. Chaîne de la valeur complète. 
  2. Raison d’être : « chasse en meute ». 
  3. Accélérateur : il « apporte le marché » à ses adhérents, dont il est la « tête chercheuse », et les conduit naturellement à s’internationaliser, et à devenir des champions internationaux. 
  4. Force de changement : il modifie le modèle économique des adhérents, et organise l’action collective pour transformer la crise en opportunité.
  5. Cohésion : il assure la cohésion entre membres du cluster, notamment entre grandes et petites entreprises, en plaçant chacun sur ses forces. 
  6. Innovation : il joue un rôle critique dans le décollage de l’innovation en fournissant un substitut à la « préférence nationale ». 
  7. Développement personnel. Le cluster donne confiance en eux à ses membres, les rend résilients et entreprenants. 

Le cluster français paraît avoir deux spécificités :

  1. Une fonction conduite du changement « explicite ».
  2. Un modèle d’animation beaucoup plus léger, et peut-être plus efficace, que ce qui se pratiquerait à l’étranger. 

Son savoir-faire de conduite du changement est d’un type particulier (« leader jardinier » et « changement panifié ») qui n’est pas dans la tradition jacobine française.  

Le succès d’un cluster vient de l’émergence d’une volonté puis d’une dynamique entrepreneuriales et collectives. Elles ne peuvent être forcées et demandent du temps et des conditions favorables pour émerger. 

Il est le relai naturel, vigilant et efficace de la politique publique, qu’il doit nourrir de ses connaissances, uniques (il est en prise directe avec les « chaînes de la valeur » du pays). Celle-ci joue, à faible coût, un rôle « d’incubation » et « d’accélération » de clusters. Mais ne peut intervenir sous peine de casser la dynamique du cluster. 

Cependant, les clusters français n’exploitent pas totalement leur potentiel, et n’ont pas encore déclenché une « réaction en chaîne » créative. En particulier, au lieu d’être un propulseur, la concurrence entre membres, caractéristique culturelle française, demeure un frein contre lequel l’équipe d’animation doit lutter. 

Les clusters créent les conditions d’un changement à impact immédiat sur l’économie du pays : ils permettent aux liens entre grandes entreprises et sous-traitance françaises de se retisser. Et, ils sont, quasiment la condition sine qua non de réussite de l’innovation, qui a besoin d’une « préférence nationale ». 

Etendre le phénomène cluster est une urgence, mais ne peut se décréter. Cependant il est possible de créer des conditions favorables, en particulier faire connaître les succès obtenus, et les facteurs de succès. De surcroît, la situation internationale est favorable à la reconstitution des « avantages concurrentiels des nations », que sont les clusters. 

L’étude

Publié par Christophe Faurie

Président association des INTERPRENEURS. Nos entreprises ont une créativité hors du commun : c'est la solution aux problèmes du pays.

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