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La PME et le numérique

Le gouvernement parle de « transition numérique ». Pour être performante, l’entreprise, en particulier la PME, doit adopter les dernières technologies numériques, entend-on. La France sera French Tech ou rien.

Qu’en est-il sur le terrain ? Depuis les débuts de l’association, nous récoltons des témoignages. Aujourd’hui, nous faisons un point sur l’avancement de notre enquête.

Le numérique est fait pour la PME

Cela surprendra peut-être beaucoup de dirigeants, mais le numérique moderne est beaucoup mieux adapté à la PME qu’à la grande entreprise.

Il y a plusieurs raisons pour cela. Tout d’abord le modèle qui s’est imposé est « software as a service », c’est le « cloud ». Il n’y a pas d’achat de matériel et l’on paie à l’usage. De plus les coûts sont relativement faibles. Ensuite, le numérique moderne est une sorte de « vulgarisation » de l’offre pour grande entreprise : il existe des versions pour PME de quasiment tous les logiciels du marché. Finalement, plus on est « agile », mieux on profite du numérique moderne, or la PME est infiniment plus agile que la multinationale…

Tendance de fond : open innovation ?

Il semble qu’il existe une tendance de fond qui est « l’open innovation », ou « hybridation » : l’innovation est de plus en plus une question de groupe, et de groupe « ad hoc », de « chasse en meute ». Ce qui signifie systèmes d’informations interconnectés.

Cela peut concerner la PME de multiples façons. Parce qu’elle est reliée à des donneurs d’ordre, ou, à l’envers, parce que l’innovation part d’elle, comme c’est le cas actuellement pour un grand nombre d’entreprises qui sont passées au commerce électronique, et emploient désormais des logisticiens.

Cette évolution pose des problèmes complexes. Il y a d’abord le cyber risque. Il est mortel pour l’entreprise moderne, puisqu’elle devient totalement numérique et dépend de partenaires vitaux qui le sont… Il y a aussi, plus subtilement, la question de comment protéger son savoir-faire lorsque l’on est engagé dans des échanges quasi instantanés… Comme on le verra plus bas, cette question est à l’origine de ce que l’on appelle le « Web 3.0 ».

Les apports du numérique à la PME

En quelque sorte, plus c’est simple, plus ça rapporte. Le premier gain du numérique est, pour certains, une nouvelle visibilité qui attire les commandes. Pour celui qui a un peu de talent, le numérique permet de faire une communication extrêmement puissante pour pas cher.

En fait, plus généralement, le numérique donne un moyen inespéré de combler une faille béante de la PME française. Comme nous le disons ailleurs, le dirigeant français est un innovateur pur. Contrairement à ses homologues étrangers, il ne sait pas mettre en valeur ce qu’il fait. En résumé il lui manque ce qu’enseignent les cours de management, notamment les « MBA ». Or, le numérique lui apporte, encore une fois à très faible coût, les outils de gestion qui lui manquaient. Le véritable « effet de levier » du numérique semble là, et il est énorme.

Quant aux technologies extrêmement lourdes, telles que la 5G, elles semblent, pour au moins encore pas mal de temps, être des solutions qui cherchent des problèmes…

Aucun problème n’est insoluble…

Les problèmes apparemment les plus complexes, marketing digital ou cyber sécurité par exemple, ont des solutions « simples et de bon sens », tout à fait dans les cordes de la PME. En quelque sorte, « un problème bien posé est à moitié résolu ».

Seulement, ce qui ressort de notre enquête est qu’il s’agit de questions difficiles à appréhender pour le « dirigeant seul dans son bureau », le propre du patron français, et qu’il n’est pas aisé de trouver des fournisseurs fiables.

Le « travail de terrain » que nous faisons nous montre que les entreprises sont beaucoup moins réticentes au numérique qu’on l’entend dire. Seulement, leur enthousiasme a très souvent été douché par des expériences malheureuses.

Des tendances favorables

Finalement, il semble que les vents soient favorables à la PME.

D’abord, la tendance à la démocratisation du logiciel se poursuit avec le logiciel libre, qui désormais propose des solutions d’une qualité exceptionnelle pour toutes les catégories de domaines traités par les logiciels du marché. Le Web 3.0 est conçu pour un monde « post globalisation » de la coopération ad hoc entre acteurs économiques ou non (cf. « l’open innovation » dont il est question plus haut). Son objet est bien plus d’assurer la « souveraineté des savoir-faire » que celle des données individuelles, dont parlent exclusivement ses promoteurs.

Ensuite il semblerait que les éditeurs de logiciel commencent à concevoir une offre exclusivement pour PME et que l’on commence à trouver une offre de conseil et de service qui lui convienne.

Conclusions provisoires

A ce point, il semble que le discours officiel soit une « pensée magique ». Le numérique ne fait pas de miracles. C’est un moyen, nouveau et très efficace, de réaliser une fin. Ce n’est pas une fin en soi. Tant que l’entreprise n’a pas de désir de changer son « modèle économique », le numérique n’a qu’une place secondaire.

En revanche, quand cette volonté existe, le numérique devient un levier extrêmement puissant. Car c’est un outil qui permet, avant tout, de « valoriser » les compétences de l’entreprise. De tirer le maximum de ce qu’elle est. Et, avec du talent, on peut obtenir, avec peu de moyens, des transformations réellement spectaculaires.

Nos interviewés disent tous la même chose : dirigeants, faites-vous une opinion, en observant ce qui se fait autour de vous. C’est un gros investissement, mais c’est la seule façon d’apprendre. Et cela peut rapporter beaucoup.

En fait, une fois de plus, nous constatons que le tissu économique traditionnel a été abandonné. Face à la question complexe du numérique, la meilleure forme d’action est de se grouper. Les clusters d’entreprises, que nous avons étudiés dans un autre rapport, ont mis au point des dispositifs qui leur permettent de se relier aux dispositifs d’aide de l’Etat, et d’en faire profiter leurs adhérents, qui peuvent être des TPE. On ne peut qu’encourager les entreprises et les élus des territoires à s’inspirer de cette démarche.

Vous voulez nous soutenir ? Adhérez à l’association !

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Publié par Christophe Faurie

Président association des INTERPRENEURS. Nos entreprises ont une créativité hors du commun : c'est la solution aux problèmes du pays.

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