Nous n’avons pas de problèmes, nous n’avons que des challenges !

En collaboration avec le Collectif Startups Industrielles, l’association des interpreneurs lance une enquête auprès des « start up » industrielles. Son objet : comprendre quels sont les obstacles que rencontre les « start up industrielles » et les solutions que certaines d’entre-elles leur ont trouvées.

Première interview : Marie Soudré-Richard, cofondatrice de REVIVAL. (https://www.impacte.capital/revival)

Quel est votre parcours ? 

Je suis diplômée d’une grande école de commerce. En 2006, j’ai fondé un pure player e-commerce. Mais j’avais sous-estimé les besoins de financement… J’ai ensuite créé deux collectifs d’experts, pour accompagner les entreprises dans leurs transformations. 

Ce qui m’a amenée à comprendre que pour réussir le changement, il fallait sortir les employés de  leur contexte. Et les amener à réfléchir aux problèmes de l’entreprise, à sa raison d’être. Cela m’a amené à participer à la co création d’un executive MBA avec la Web School Factory et l’Université Paris Dauphine. Il s’appuie sur une méthodologie, « L’hyper customer centric ». Il s’agit, de manière itérative, en partant du besoin client, d’aller jusqu’à un prototype fonctionnel. Nous appliquons cette méthode à Revival et c’est notre force !

Quel est le métier de votre société, Revival ? 

REVIVAL est la première chaîne industrielle de recyclage ♻️ de thermoplastiques issus des biens de consommation dans les Hauts de France. Nous avons commencé par nous attaquer au recyclage des thermoplastiques présents dans les semelles de baskets.

Une chaussures est hyper complexe dans sa construction et multi matières – en “craquant la techno” sur ce produit, nous n’aurons aucun mal à traiter le reste des biens de consommation !

En France, chaque année, 125 000 tonnes de chaussures usagées  sont incinérées, enterrées ou exportées. Aucune solution n’existe à ce jour.

“L’innovation de notre chaîne de recyclage est de permettre grâce à des procédés de transformations mécaniques et chimiques de réutiliser sur plusieurs cycles les nouvelles matières développées. Ces matières pourront êtres réemployées dans de multiples domaines utilisant le plastique. Nous croyons que le plastique à usage unique est une aberration.”  (Marie Soudré-Richard , Hélène Guerret et Guillaume Haffreingue – Fondateurs.)

A partir des thermoplastiques que nous extrayons des chaussures, nous produisons une Matière Première Recyclée (MPR) qui peut être re-employée dans différents filières : footwear, BTP, programmes publics de revêtements de terrains synthétiques… Notre force réside dans la R&D que nous avons internalisée en intégrant dans nos équipes des post doctorants formés à l’Institut des Mines et Telecom Nord Europe. 

Nos clients sont les marques et les grands distributeurs. Ils n’ont pas d’obligation légale de recycler les chaussures en fin de vie, mais sont motivés par le risque réputationnel, ou leur politique RSE. 

La complexité de notre métier est la très grande hétérogénéité de ce que l’on trouve dans les chaussures. Nous avons des surprises à chaque « gisement entrant » ! Les marques ne savent pas toujours ce que leurs fournisseurs mettent dans leurs chaussures ! Nous leur rendons la maîtrise de leur produit, et nous les faisons progresser vers l’écoconception. 

Nous mettons l’effort où il va générer le plus de valeur

Quels sont les problèmes que vous avez à résoudre ? 

Nous n’avons pas de problèmes, nous n’avons que des challenges !

Nous avons du mal à nous faire entendre des institutionnels ! Ils sont tout en haut, et bien loin des réalités. Et il y a beaucoup d’écarts entre les annonces et la réalité. 

Nous travaillons avec des collectivités locales, proches du terrain. Nous cherchons des gens qui cherchent des idées. Nous voulons faire des POC et démontrer par l’exemple.

Nous avons, aussi, fait des propositions au Ministère de la Transition Ecologique. Par exemple, interdire l’export et sponsoriser le stockage, le temps de trouver des méthodes de recyclage. Peut-être serons-nous entendus ? Au moins, cela a eu l’intérêt de nous forcer à être très concrets ! Il faudrait des évolutions et des simplifications de lois…

Finalement, il y a la question du financement. Les investisseurs sont habitués au numérique, mais ils ne savent pas lire les KPI industriels. Notre modèle « hybride », leur faire peur en financement d’amorçage – on ne peut pas dissocier nos trois métiers. 

Eléonore Blondeau, du Collectif des Start up Industrielle fait bouger les lignes et nous soutenons sa thèse sans limite !

Publié par Christophe Faurie

Président association des INTERPRENEURS. Nos entreprises ont une créativité hors du commun : c'est la solution aux problèmes du pays.

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