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French Fab : des PME industrielles audacieuses et qui jouent collectif !

Dans un précédent article nous avons tenté de résumer un ouvrage de Nicolas Dufourcq. Il y parle de réindustrialisation, et de French Fab. Or, de French Fab, il n’en est jamais question parmi les dirigeants d’entreprise que nous rencontrons. De quoi s’agit-il ? 

Rodolphe Roy, PDG du groupe ATS Engineering, et ambassadeur de la French Fab, a bien voulu nous éclairer. (https://ats.tech/)

La French Fab ? 

Ce n’est pas une association de plus ! C’est un mouvement d’entrepreneurs français, qui partagent de mêmes valeurs. C’est l’étendard de l’industrie française en mouvement !

Elle a été lancée en 2017, alors que je participais à un accélérateur de la BPI. 

Son symbole est le coq bleu, qui fait écho au coq rouge de la French Tech, lancé quelques temps auparavant. C’est la marque des entrepreneurs, ancrés dans leurs territoires mais résolument tournés vers l’international, qui jouent collectif, qui innovent et qui sont lancés dans l’Industrie du Futur, qui mettent la RSE et la transition écologique au cœur de leur Stratégie, et surtout qui veulent tuer la marque « Zola » afin de redonner à nouveau envie de rejoindre les métiers de l’Industrie ! On a dès le début soutenu ce mouvement, avec des confrères, patrons de PME et « accélérés », et la BPI en fait l’animation et la marketing. 

Le French Fab a mise en place très vite son Tour de France pour rayonner partout dans nos territoires :  ce « Big Tour » parcourt toutes les régions françaises pour expliquer au grand public ce qu’est l’industrie, et pour donner envie d’y travailler. Et pour tuer la marque Zola ! Et la BPI organise beaucoup d’autres événements. Par exemple, à l’étranger, dans tous les grands salons industriels, il y a des stands French Fab. 

Nous sommes une cinquantaine d’ambassadeurs. Et nous-nous réunissons régulièrement. Nous avons choisi de ne pas forcément systématiquement nous structurer en Région, pour ne pas être une organisation de plus. En fait nous sommes tous déjà membres dans nos territoires d’associations, de conseils d’administration, ou d’organisations comme les CCI. C’est à nous de les convaincre de grossir les rangs de la French Fab ! Nous nous déployons en mode viral !

Y a-t-il un lien avec la French Tech ? 

Pas de French Fab sans French Tech, et inversement ! La Tech sans la Fab ne sert à rien à mon sens… Et la Fab sans la Tech ne peut pas se transformer et accélérer… ! Nous sommes indéniablement liés ! 

Et il y a surtout le Coq Vert de la transition écologique. Cette transition environnementale, ces enjeux de décarbonation de l’industrie, nous donne le vrai “sens” de notre transformation. Le Coq Vert tire la French Fab, qui elle-même a besoin de se digitaliser, pour accélérer sa performance. D’où l’importance de la French tech.

Quel est l’objectif de la French Fab ? 

S’il fallait donner un indicateur, un “KPI”, ce serait le poids de l’industrie dans le PIB français. C’est le seul indicateur qui réalistement démontrera formellement les résultats de nos actions, de nos transformations et de notre croissance. Aujourd’hui, il est à 10%, contre 16 en moyenne, en Europe, et 20 en Allemagne. Il faut que l’on gagne des points. Pour cela il faut oublier Zola, et redonner envie à nos jeunes générations de nous rejoindre. Avant, c’était : « si tu travailles mal à l’école, tu finiras à l’usine ! », Désormais, nous pouvons dire : « si tu travailles bien à l’école, tu auras la chance de travailler dans l’industrie », et je rajouterais, « pour y découvrir de nouveaux métiers passionnants, et souvent très bien payés » !

Ce que nous cherchons est que chaque entrepreneur industriel, qu’il dirige une TPE ou un grand groupe, se reconnaisse dans notre mouvement. Il faut retrouver une fierté et une confiance collective en notre industrie. C’est pourquoi, on fait un travail de terrain, on cherche à ce que la French Fab devienne virale… ! 

Quel est l’intérêt du patron de PME à rejoindre la French Fab ?

Un de ses enjeux au quotidien, c’est l’attractivité. Or, avec la French Fab, il redevient visible . Il prouve son dynamisme, il donne tout simplement envie ! Il attirera plus facilement l’attention de nouveaux collaborateurs, par exemple. Et il entre dans un réseau de confiance. 

Pourquoi ne rencontrons-nous pas encore la French Fab dans nos interviews de PME ?

Ce mouvement est encore jeune. Il a été porté au début par des entrepreneurs qui étaient en forte connexion avec la BPI. Non pas la BPI que chacun connaît historiquement par ses services bancaires, et qui ne touche pas forcément les petites PME. Depuis 2015, il y a une « seconde » BPI, dont la mission est l’accompagnement des entreprises dans leur croissance. Ses programmes d’accélérateurs ont pour but de transformer les PME en ETI, et les ETI en grandes sociétés. Et il y a aussi BPI université, et BPI excellence… Bref, l’objectif est d’accompagner, d’accélérer, de faire grandir le maximum d’entreprises en France. 

Que faut-il faire pour que la France retrouve une industrie ? 

L’entreprise industrielle vie actuellement sa transformation. Elle doit à mon sens commencer par définir sa raison d’être. Cette dernière doit être clairement établie et expliquée à tous. La priorité est de donner du sens, définir son « WHY » : savoir pourquoi elle existe. Si on ne connait pas son ADN (son Authentique Différence Naturelle !), on ne peut pas définir de cap. J’ai récemment modifié les statuts de mon entreprise pour y faire figurer notre raison d’être : c’est un élément fondateur. 

Ensuite, il faut être en conscience de ce qui se passe à l’extérieur. Retrouver pour le dirigeant et son équipe de direction un équilibre entre l’Exploitation et l’Exploration : Aller se faire voir ailleurs ! Et cela signifie par exemple de prendre conscience des nouveaux grands enjeux que nos entreprises et notre industrie doivent relever :  décarbonation, transformation numérique et relocalisation de nos productions pour retrouver notre souveraineté dans nos filières stratégiques. 

Mais, soyons lucide et pragmatique : nous ne reviendrons pas à notre industrie d’hier, en relocalisant les mêmes productions que celles qui ont été perdues ces 20 dernières années ! Nous allons juste créer une nouvelle industrie, sociale, digitale, verte ; en phase avec nos nouveaux enjeux, s’appuyant sur nos compétences d’excellence, et adaptée aussi à notre coût du travail. Comment on la créera ? On n’y arrivera pas seul. Il faut que l’on soit forts ensemble. Il faut que l’on soit visibles. Et il faut s’ouvrir sur l’extérieur. Notre terrain de jeu doit être au minimum l’Europe, et le monde nous tendra les bras… 

Comment appliquez-vous ces principes ? 

J’ai créé des « Labs innovation » dans lesquels j’ai fait entrer mes collaborateurs, mes clients, des nouveaux partenaires du monde de l’OT et de l’IT, et des universitaires. L’objectif de ces Labs ? Avoir en interne des « machines à créer » de manière pérenne de nouveaux modèles économiques pour mon entreprise. Il en résulte déjà deux “spin off”. ATS Connect et ATS Digital. Ce sont des structures juridiques indépendantes de mes entreprises historiques, proposant à nos clients de nouveaux services digitaux via de nouveaux modèles économiques. 

Exemple : ATS CONNECT. Son but est d’accompagner la transformation digitale des sites de productions industriels. Notre marché, ce sont principalement les grands groupes qui doivent “connecter” leurs lignes de production existantes pour en exploiter les data et en améliorer la performance en phase d’exploitation ou de maintenance. Nous faisons ainsi l’interface entre le monde de l’OT :  celui de l’usine, de l’outil de production, et le monde de l’IT : celui du numérique, du cloud, de la donnée. Et ces 2 mondes ne parlent pas la même langue… !

Chez ATS CONNECT par exemple nous n’avons pas de commerciaux !. C’est notre réseau de partenaires qui nous amène des clients ! Nous n’avons pas de Key Account Managers, mais des Key Partner Managers !

Nous avons ainsi développé différents partenariats avec des grands acteurs de l’IT, comme SAP et INETUM. Nous sommes intégrateurs de leurs solutions de gestion des Assets de production. 

ATS Connect a un démarrage européen, en ligne avec les besoins de nos clients, qui nous demandent de connecter leurs usines implantées partout en Europe. Et BPI nous accompagne financièrement pour accélérer notre exploration, dès cette fin d’année, sur de futurs marchés en Amérique du Nord…

Compléments :

Commentaires de la photo : « photo des membres du Collectif de la Continuité Numérique, Grands acteurs du monde de l’OT et de l’IT. Avec ATS, sur notre stand commun lors du dernier salon Global Industrie à Paris Villepinte, avec le coq de le French Fab comme étendard ! » (Rodolphe Roy)

Rodolphe Roy vous parle de sa vision de l’entreprise, et de comment il y est arrivé, et s’est transformé :

Notre référence à l’ouvrage de Nicolas Dufourcq :

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Publié par Christophe Faurie

Président association des INTERPRENEURS. Nos entreprises ont une créativité hors du commun : c'est la solution aux problèmes du pays.

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