La semaine de l’interpreneur

Cette semaine nous avons repris un de nos grands thèmes d’enquête : la PME et l’état de l’art du progrès technique. Progrès généralement numérique et implicitement associé à la très grande entreprise.

Dans cet article nous étudions la question de la prévision des ventes et de la planification de « supply chain ». Faire les choses rationnellement peut permettre de gagner, en marge, l’équivalent de 1% de chiffre d’affaires, ce qui n’est pas négligeable. Peut-être, plus important, il peut améliorer significativement le service client, et l’image de l’entreprise. Cela se quantifie mal, mais est essentiel. Merci à Cedric Hutt, de l’éditeur de logiciel Colibri, de nous avoir accordé un entretien.

En tous cas nous soupçonnons qu’un grand mouvement a, probablement, commencé : la PME est devenue un marché. On conçoit pour elle des solutions. Elles ne sont pas « dégradées » de celles des grandes entreprises. (Paradoxalement, les grandes entreprises semblent penser que ces solutions pour PME seraient aussi très bonnes pour elles…) Nous constatons, en outre, qu’il se développe autour d’elle une offre de conseil (indépendants, petits cabinets…) qui lui ressemble.

Le pays se transformerait-il ? Après n’avoir juré que par le « champion national », serait-il en train de voir émerger un tissu économique local ? A suivre.

Par ailleurs, nous avons actuellement une très intense activité d’aide au dirigeant (« top boss »). Nous sommes une sorte de « 60000 rebonds » avant faillite. 60000 rebonds est une association remarquable (on trouvera plusieurs articles la concernant dans ce blog) qui aide le dirigeant qui a connu un dépôt de bilan à se relever d’une épreuve terrible. Et d’abord sur le plan psychique.

Pour notre part nous intervenons uniquement pour des entreprises qui ont un « cap à franchir ». Certaines sont dans des situations difficiles. Nous constatons, à chaque fois, que c’est dû à un simple « bug ». Une fois découvert, la situation change du tout au tout. De déprimé (et parfois pire), le dirigeant retrouve, quasi instantanément, l’envie de se battre. Toute la difficulté de l’exercice, qui ne dure que deux heures, est de voir ce qui ne va pas. Et cela parce que, très souvent, le dirigeant ne fait pas ce que tout le monde fait, et qui nous paraît évident.

Notre commission RH poursuit son étude de la question de la « pénurie RH » et de son antidote : le bilan d’attractivité. Elle procède par entretiens longs avec des dirigeants. Encore une fois, ces entretiens nous montrent que le modèle implicite de gestion des ressources humaines traditionnel n’est plus adapté. Le réinventer pour le rendre efficace, pour que l’entreprise soit « attractive », est probablement beaucoup moins complexe qu’on ne le dit. Seulement, cela demande une complète remise en cause de notre façon de penser. D’une certaine façon, il faut repartir d’une feuille blanche. Une fois que le problème est bien posé, il n’y a pas grand chose à changer. Seulement, il faut faire ce que l’on avait l’habitude de faire différemment, dans un autre ordre. A posteriori c’est évident, et on a même l’impression de l’avoir toujours fait.

Cette semaine nous présentions les conclusions de notre enquête au Collectif Startups Industrielles France. (La semaine prochaine nous publions une note sur ce sujet, sur ce blog.) Il a été décidé que nous allions continuer nos entretiens avec d’autres membres de cette association. En effet, la publication de ces entretiens lui permet de faire découvrir à notre pays cette nouvelle « race » d’entreprises, qui est l’élément avancé de la transformation de notre société. L’élément premier de sa stratégie est la communication.

Un autre sujet sur lequel nous amènent nos travaux rejoint une remarque de l’économiste J.K. Galbraith. Dans son histoire de la science économique, il note que les techniques macro économiques utilisées par les gouvernements sont généralement inefficaces (voire contre productives). Transformer un pays est, surtout, une question de micro économie : un Etat est fait d’individus, rien ne se passe s’ils ne veulent pas, ou ne savent pas comment, changer. Nous envisageons de profiter de nos partenariats, parmi lesquels on trouve aussi bien des « élus de terrain » que des chercheurs en économie, pour étudier cette question.

Finalement notre association est aussi une « start up ». Et nous devons faire preuve de ressources pour réaliser notre ambition (qui est démesurée !) avec peu de moyens (nous sommes des bénévoles en activité, et en plus des dirigeants, donc pas très habiles de nos mains…). Après avoir vécu plusieurs années sans être une réelle association, par peur des procédures administratives que cela sous-entendait, nous avons dû nous résoudre au changement. (Nous avons la chance d’avoir des partenaires puissants, et ils ne pouvaient plus continuer à aider un groupe sans statut.) Petit à petit, l’édifice sort de terre. Nous usons les obstacles. Cela va nous permettre d’envisager une croissance de nos adhésions. Croissance qui se veut maîtrisée, cependant. Notre expérience nous montre l’importance d’être une véritable « équipe » au sens sportif du terme. Et pour créer une équipe, il faut du temps, et beaucoup de « matchs » joués ensemble.

Publié par Christophe Faurie

Président association des INTERPRENEURS. Nos entreprises ont une créativité hors du commun : c'est la solution aux problèmes du pays.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :