5G pour l’industrie, que faire ?

La 5G est un axe stratégique de France 2030, pour l’industrie. Mais, comment tirer le meilleur parti de cette innovation ? Pour répondre à cette question, le gouvernement vient d’annoncer la « mission 5G dans l’industrie », dont il a confié la présidence à Philippe Herbert. Elle doit rendre ses conclusions en mars prochain. 

Philippe Herbert a bien voulu répondre à nos questions. 

Pourquoi donne-t-on une telle importance à la 5G, dans l’industrie ? 

Pour son interdépendance avec Industrie 4.0, une des grandes priorités actuelles. La 5G, dans l’industrie, permet des échanges d’informations très rapides, et en quantité colossale par rapport à la 4G, grâce à un système d’antennes locales et au multiplexage. D’où une « granularité » intéressante pour l’entreprise, ses robots et autres engins mobiles, et la possibilité du temps réel. 

Pourquoi une « mission 5G dans l’industrie » ? 

Parce qu’introduire une nouvelle technologie est complexe ! 

Et particulièrement celle-ci, pour l’industrie. Certes, des travaux théoriques ont été réalisés, mais il n’y a encore, nulle part en Europe, de site en production. 

L’industrie 4.0 est une potentielle révolution industrielle, par la digitalisation des process, et la 5G y contribue. 

On parle beaucoup de maintenance prédictive, mais les robots, les ponts roulants, la mobilité d’une manière générale, sont concernés au premier chef, ainsi que les chaînes de montage complexes, les mines, les fonderies, les milieux hostiles, tout ce qui a de grandes superficies à couvrir par des réseaux…

L’enjeu majeur pour enclencher le changement, c’est tester des cas d’usage. Seulement, ceux-ci ne se trouvent pas simplement. Car ils nécessitent une reconfiguration de l’usine, la 5G travaillant très différemment de la 4G, pour en tirer un maximum de bénéfices. Pour pouvoir expérimenter, il faut, donc, de gros investissements, non seulement en routeurs et en cybersécurité, mais aussi en repensant les process. 

Il se pose d’ailleurs une question : faut-il concevoir l’usine pour la technologie, ce qui réduirait son champ d’application ? Est-ce compatible avec l’état de l’art actuel et le parc de machines, exceptionnellement hétérogène, des entreprises françaises ? 

Surtout, la 5G n’a pas pour vocation de se limiter à un réseau privé, mais, par nature, c’est le système nerveux de l’entreprise étendue. Système qui, bien sûr, doit aller dans tous les niveaux de granularité des process (jusqu’aux milliers de capteurs). 

Et quid de l’usine 4.0 ? Le sujet majeur, actuellement, pour les industriels, c’est la digitalisation. C’est un préalable à la 5G dans l’industrie. Car plus vous avez d’informations, de données, plus le temps réel a de l’intérêt, et plus vous avez besoin de capacité de transport de l’information. Mais les industriels ne vont-ils pas voir la 5G comme un effort supplémentaire ? Et on les dit, parfois, conservateurs…

La 5G pour l’industrie, c’est un tout, un système. Il y a un ensemble d’éléments à mettre ensemble. L’adoption de cette technologie passera probablement par la formation de « clusters » d’industriels, fabricants de machines, opérateurs, etc. Dores et déjà une quinzaine de plates-formes régionales sont en cours de création. 

Quel est votre objectif ? 

Pas un nouveau rapport ! Mais une douzaine de recommandations simples qui permettent d’enclencher le mouvement. 

Comment procédez-vous ? 

Le groupe de travail est constitué de membres des Comités Stratégiques de Filière « Infrastructures numériques » et « Solutions pour l’industrie du futur », ainsi que d’experts industriels français et internationaux. Nous faisons des auditions tous les quinze jours. 

Nous recevons les 5G Lab, des industriels, les acteurs qui se sont positionnés sur la 5G, mais aussi des promoteurs d’autres technologies, et nous étudions ce qui se fait à l’étranger, notamment en Allemagne et en Corée. 

Vous désirez contribuer au débat ? 

Vous avez des commentaires, des idées, des propositions ?… Envoyez les nous, nous les transmettrons à Philippe Herbert. Merci !

Publié par Christophe Faurie

Président association des INTERPRENEURS. Nos entreprises ont une créativité hors du commun : c'est la solution aux problèmes du pays.

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