Economie circulaire : quelles opportunités ?… Ce que je fais a-t-il du sens ?…

Economie circulaire, qu’est-ce que c’est ? Est-ce pour la PME ? Un entretien avec Marc Bosvieux, expert du sujet. 

Quel est votre métier ? 

Je suis consultant en finance, et né dans famille de marins, passionné par la mer ; ce qui m’a amené à conjuguer mes passions et bâtir une offre concernant le développement durable. Il s’agit d’accompagner les entreprises aux certifications, B Corp et Ecovadis, de formation, et de recherche de clients et de fonds.

Quel est le principe de l’économie circulaire ? 

Nous vivons en économie linéaire. Nous partons du principe que les ressources sont illimitées, qu’ensuite, il faut maximiser ses profits, et que, finalement, c’est aux autres de payer pour nos déchets. Ce n’est pas la logique de la nature. Dans la nature, il n’y a pas de déchets. Dans le cycle de la vie, le déchet de l’un est utile à l’autre. Nous sommes issus de la nature, il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas faire de même. 

C’est le principe de la certification B Corp, elle pose la question fondamentale : qu’est-ce que l’entreprise apporte de bien « aux autres ». Ce qui remet les choses à leur place. 

Rien ne viendra d’en haut. Le gouvernement parle beaucoup, mais il contourne en permanence sa propre réglementation. Prenez l’exemple des billets d’avion. Il est interdit de vendre à perte, et pourtant vous trouvez des billets à 10€. Pourquoi ? Subventions et exceptions. De même l’Etat impose aux clubs de voile ou d’aviron de mettre à la benne leurs bateaux tous les 5 ans. Ça fait marcher l’économie. L’amortissement comptable suit la même logique. 

C’est à nous tous de prendre notre sort en main. Par exemple, un propriétaire de voilier doit changer ses voiles tous les 5 à 10 ans, pour un amateur, et tous les ans voire tous les 3 mois pour un usage intensif. Or ces voiles usagées peuvent être réutilisées, par exemple faire des sacs de sport ou des sacs à main. Et, le matériau étant lourd, le transport n’est pas économiquement rentable, donc ils doivent être fabriqués sur place. Il faut utiliser les compétences qui existent, redévelopper les savoir-faire. 

Penser économie circulaire demande de sortir d’une vision en silo pour prendre un point de vue global. Par exemple, on dit aux gens qu’ils auront tel emploi durant toute leur vie, alors qu’un PDG, lui, peut avoir de multiples statuts, appartenir à plusieurs conseils d’administration, être enseignant… Pourquoi cela ne serait-il pas aussi le cas pour le reste de la population ? N’est-ce pas de là que vient l’inadéquation à la demande de l’offre d’emploi ? Pourquoi le cycle formation, emploi, retraite ? Pourquoi séparer le public, le privé, l’économie sociale ? Pourquoi réduit-on l’abeille à la production de miel, alors qu’elle a de multiples fonctions ? A quoi cela sert-il à un fabricant de chocolat d’optimiser le coût du transport de la matière première, en utilisant des pavillons de complaisance et des personnels sans couverture sociale, alors qu’il ne compte quasiment pas dans le prix final ? Pourquoi penser que la technologie est une fin en elle-même, alors que c’est un outil de plus ?…

Pouvez-vous donner des exemples de cette autre façon de penser ? 

Premier exemple : Laurence Pian a perdu deux enfants dans le tsunami en Asie de 2004 ; pour donner du sens à ce drame, Laurence a monté une fondation qui collecte le plastique, le nettoie, le réduit en copeaux et le vend à des entreprises pour produire de nouveaux objets. C’est un exemple de coopération entre une association à rôle social et l’entreprise. L’activité est aujourd’hui durable et rentable. Autre exemple : le retour du transport à la voile. Le passage entre Belle-Île et le continent se fait à nouveau à la voile grâce à Léon Passuello et son entreprise Iliens.

Le dirigeant de PME est surchargé, peut-il facilement envisager la question de l’économie circulaire ?

Ce n’est pas compliqué. Il suffit que le dirigeant de PME prenne un peu de recul. Qu’il se demande : quand je me lève le matin, qu’est-ce que j’ai envie d’apporter ? Quelle est ma raison d’être ? Celle de mon entreprise ? Suis-je satisfait de ce que je fais ? Quelles sont mes envies ? Ce que je fais a-t-il du sens ? Ensuite, il suffit de tirer un fil. Mes clients, mes fournisseurs, les écoles, les couches, de plus en plus nombreuses, des services publics, les associations… suis-je heureux des relations que j’ai avec eux ? Pourrais-je faire autrement ?…

Quant à moi, j’interviens de manière très ponctuelle, une heure ou deux par semaine, en visio conférence, à la manière d’un avocat ou d’un coach. Ce qui est compatible avec l’emploi du temps du dirigeant. 

Publié par christophefaurie

Co fondateur de l'association des INTERPRENEURS. Comment rétablir le plein emploi en tirant parti de la créativité de la PME traditionnelle.

2 commentaires sur « Economie circulaire : quelles opportunités ?… Ce que je fais a-t-il du sens ?… »

  1. Décloisonner les silos public et privé, rendre plus facile de se former à tout âge, quitte même à reprendre des études pour avoir la possibilité d’une deuxième carrière me semble plus inventif et créateur de bonheur que le processus linéaire formation->emploi/chômage-> retraite

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