PME : profiter d’un système d’information de grande entreprise

Le numérique et la PME, vaste question ! Dans nos précédentes interviews, nous avons vu que le numérique était « fait » pour la PME. En particulier, tous les progiciels, qui semblent réservés à la grande entreprise ont leur équivalent PME. 

Aujourd’hui nous approfondissons ce sujet avec Rija Rakotoarisoa, spécialiste des grands projets informatiques pour l’industrie, et qui a la particularité de travailler à la fois pour de grandes entreprises et des PME. 

Quelles sont les grandes familles de progiciels de gestion ?

L’ERP/PGI (Enterprise Resource Planning / Progiciel de Gestion Intégré) : il permet de gérer l’approvisionnement jusqu’à la vente en passant par la gestion financière et comptable.

Le SIRH (Système d’Information pour la RH) : il permet de faire la gestion administration du personnel, la paie, la formation et gestion des compétences.

Le PLM (Product Lifecycle Management / Gestion du Cycle de vie d’un Produit) : il aide à concevoir et à innover. Il simplifie la gestion complexe du cycle de vie d’un produit en passant par la conception, le développement, la production et les services associés.

Le MES / Platforme IIOT ( Manufacturing Execution System / Industrial Internet of Things) : il permet de gérer les activités industrielles et les objets connectés. Ce sont des briques essentielles pour assurer la digitalisation et la continuité numérique entre les outils de gestion/conception et les équipements de production.

Il y a aussi des verticaux sur des domaines précis pour répondre à des besoin particuliers :

  • CRM / GRC (Customer Relationship Management / Gestion de la Relation Client)
  • Portail fournisseur
  • Système EDI (Échanges des Données Informatisées) entre  Client/fournisseur
  • Visualisation des données
  • Contrôle qualité
  • Assistant digitaux / RPA (Robotic Process Automation)
  • Solution verticale basée sur l’Intelligence Artificielle
  • Etc.

Avant d’entrer dans le détail, n’y a-t-il pas un risque de complexité ? 

Effectivement, pour un PME, avoir tous ces progiciels en interne n’est pas neutre organisationnellement et financièrement. Pour les faire fonctionner, ces types de logiciel peuvent demander des serveurs, des ordinateurs, du paramétrage, etc. Or, en général, la majorité des PME n’a pas de service informatique en interne.

La meilleure formule pour la PME est le SaaS (Software as a Service), c’est-à-dire le logiciel en ligne. L’entreprise achète un service pré-paramétré et géré par l’éditeur ou un prestataire externe. Plus besoin d’avoir un spécialiste en interne pour gérer l’infrastructure IT et les divers paramétrages. Par ailleurs, le temps de mise en œuvre est réduit drastiquement. Cela ramène une certaine agilité et permet à la PME de se concentrer sur son cœur de métier.

Pour ne pas se faire piéger par le « hype » ou la tentation de vouloir faire comme les autres, il faut systématiquement partir de son propre besoin. Par exemple : une PME en prestation de services qui vend des heures n’aura pas le même besoin qu’une autre qui fabrique des pièces mécaniques ou encore une autre qui fait du négoce.

On peut aussi structurer le besoin en trois :

  1. Suivi des activités : pilotage stratégique et opérationnel
  2. Suivi anticipation : simulation / optimisation / planification
  3. Arbitrage des risques : identification et sécurisation des risques

Les progiciels répondent aux deux premiers besoins, mais c’est au dirigeant de prendre les décisions qui correspondent au troisième. 

Reprenons la liste des progiciels :

Avec l’ERP, toutes les données sont au même endroit. Cela permet de gérer l’ensemble des flux de l’entreprise de l’achat à la vente. Donc les fournisseurs, les articles, les paiements, les commandes… mais aussi de faire les comptes de l’entreprise, et son contrôle de gestion. Cela permet un suivi quotidien, aussi bien que de la prévision, par exemple de la demande client, des prévisions d’achat, et des simulations. 

Le SIRH permet de gérer la paie, qui est une question très spécifique en France, avec des lois qui changent sans arrêt. Avec un système en ligne, on est sûr qu’il est à jour, en permanence. De même pour la gestion de la formation, qui a une importante partie légale. 

Le PLM permet de suivre la vie des produit. C’est un outil de conception et de suivi de l’évolution des produits et de leur qualité. On y trouve aussi la nomenclature des pièces. On parle maintenant de « Digital Twin » ou jumeau numérique. La pièce numérique suit la vie de la pièce réelle, ce qui permet d’envoyer un feedback au concepteur. On peut faire de la « rétro conception » : comprendre l’impact de tel ou tel facteur de conception sur la qualité de la pièce. 

Le MES assure le pilotage de la production et collecte/stocke les données de production en temps réel. Le MES est celui qui exécute les ordres de fabrication générés par l’ERP selon la planification réalisée. Grâce aux données collectées par le MES, on peut connaître, par exemple, quel est l’impact du traitement thermique sur la dureté de la pièce. 

La plateforme IIoT est la nouvelle génération de système adapté à la croissance exponentielle des objets connectés. Le MES se transforme en plateforme IIoT ou est remplacé par ce dernier. Elle permet de collecter, stocker, visualiser, analyser des données issues des équipements divers. Grâce aux nouveaux types de protocole de communication comme le MQTT, la collecte des données et leur intégration à des plateformes IIoT sont devenues simples et rapides à mettre en œuvre.

Par où commencer ? 

Un prérequis indispensable à mon sens est l’acculturation du dirigeant à la digitalisation. L’objectif est qu’il ait au moins un aperçu des possibilités. Pour cela, il doit consacrer au moins une journée à la formation. Il s’agit simplement de comprendre les fonctions de ces différents logiciels et connaître l’état de l’art.

Pour identifier la bonne formation et le bon formateur, il doit trouver un intermédiaire qui lui indiquera qui est compétent et ce dont il a besoin. 

Ensuite, il faut toujours partir du besoin, de ses priorités. Et surtout éviter les gros logiciels. A l’heure actuelle, grâce à la généralisation de l’API et/ou d’autres protocoles de communication, on peut collecter et consolider très facilement des données issues des diverses petites applications. En plus de ramener de l’agilité dans la mise en œuvre, ces « microservices » permettent d’avoir des applications légères et sur mesure.

Publié par christophefaurie

Co fondateur de l'association des INTERPRENEURS. Comment rétablir le plein emploi en tirant parti de la créativité de la PME traditionnelle.

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