Pole Action Media de Perpignan : l’histoire de la création d’une dynamique

En collaboration avec France Clusters, l’association des interpreneurs fait un « tour de France » des Clusters. Il débouchera sur un rapport remis à la puissance publique.

Aujourd’hui, nous sommes à Perpignan. Nous-nous entretenons avec Flavien Noël, coordinateur du Pole Action Média, cluster d’ industries créatives et numériques. (http://www.poleactionmedia.com)  

Pourriez-vous nous présenter le cluster ?

Il a été créé en 2010, dans le cadre des « grappes d’entreprises » de la DATAR. Son siège est à Le Soler, près de Perpignan, et il couvre l’Euro Région transfrontalière Occitanie Pyrénées Méditerranée : Toulouse, Montpellier et Barcelone. Il représente 70 entreprises, pour moitié dans l’audio, le cinéma et l’animation, et pour moitié dans le numérique. Ses originalités sont la Cité Digitale, de 12000m2, au Soler, dans l’agglomération de Perpignan, deux pépinières totalisant quinze start up, et L’IDEM, pilier du cluster, école privée d’enseignement supérieur ayant deux campus, à Perpignan et à Barcelone.  

Nous correspondons à un « modèle hybride », nous profitons des avantages de métropoles, de leur dynamisme, en particulier de Barcelone, sans leurs inconvénients.

Quelles ont été les principales étapes du développement du cluster ?

L’histoire du cluster est celle de la création d’une dynamique. En 2015, peu de choses étaient organisées dans le domaine du numérique et nous avons été précurseurs avec l’organisation du premier Startup Weekend Perpignan. Maintenant tout va très vite. Les entreprises sont attirées par notre dynamique. 

Le projet a vu le jour à l’initiative de l’IDEM et de quelques entreprises locales. Il a reçu un fort soutien de la commune, qui a réussi à mobiliser des fonds publics, sans lesquels le projet n’aurait pu prendre sa dimension actuelle. Elle y a vu un moyen de redynamiser le centre ville et de remplacer des filières agricoles en difficulté. Elle a fourni des locaux. C’est ainsi, par exemple, que des hangars de conditionnement de salade ont été transformés en studios. 

En 2015 est née la première pépinière d’entreprises, un projet structurant, voulu par la DATAR. 

En 2015, aussi, nous avons lancé le « start up week-end ». Un hackaton : deux jours pour créer son entreprise ! On forme son équipe sur place. Cela a donné, par exemple, BassMe, fabricant de casques portatifs d’expérience immersive, qui a récemment trouvé un nouveau marché, très prometteur, chez les personnes sourdes ou malentendantes et Flipr, qui produit un objet connecté d’analyse d’eau de piscine. Il en est à sa seconde levée de fonds. 

Nous participons au Festival du film d’animation d’Annecy, et au Mondial du mobile de Barcelone. 

Nous avons ouvert en décembre un bâtiment qui nous a permis de doubler de capacité en attendant la finalisation de la Cité Digitale cet été et de doubler à nouveau de capacité.. 

Que recherchent vos adhérents ? 

En dehors de ce qu’apporte un cluster, les entreprises viennent chez nous parce que nous avons la capacité d’être beaucoup plus réactifs avec nos partenaires et institutionnels en comparaison à des grosses métropoles. 

En quoi êtes vous affectés par l’épidémie de coronavirus ? 

Le coronavirus a été un accélérateur. Nous avons énormément de demandes entrantes. Rien que du bouche à oreille. Il y a une prise de conscience que l’immobilier des métropoles est cher et qu’on y est pris dans les bouchons. Il y a une relocalisation vers des métropoles moins denses. Il y a une recherche de réactivité et d’originalité. 

France Clusters veut publier un « livre blanc de la contribution des clusters pour la relance économique 2022 » : quelles sont vos suggestions ?

Le dirigeant a le nez dans le guidon. Il y a beaucoup d’aides, mais seul il ne peut pas y avoir accès, car il n’a pas le moyen de savoir celles qui existent, d’en faire le tri, et de remplir les dossiers nécessaires pour les obtenir. Sans compter qu’il y a un grand nombre d’acteurs.

L’aide d’une courroie de transmission, comme un cluster, un syndicat professionnel ou autre est indispensable. Nous avons l’avantage de représenter une filière homogène, nous avons la meilleure information au meilleur moment. 

Il en est de même pour les pouvoirs publics : il n’est pas facile de toucher toutes les entreprises. C’est le cas, par exemple, quand la BPI fait un appel à projets. 

Les pouvoirs publics doivent comprendre que prendre des mesures, ou même faire un programme immobilier ne suffit pas. Il faut qu’un groupement d’entreprises crée un écosystème qui fasse réussir le projet. 

Comment voyez-vous votre cluster en 2030 ?

Une montée en gamme. Nous ne devons pas faire dans la masse. Nous devons conserver nos atouts. Nous devrons augmenter notre taux de sélection. Mais, il est vrai que le territoire est loin de ses limites, et que les m2 ne manquent pas !

Qu’est-ce qui fait réussir un cluster ? 

D’abord l’implication des chefs d’entreprise. 

Ensuite une équipe de salariés. Il faut amorcer la pompe. Une dynamique ça s’amorce. C’est beaucoup de travail. Nous sommes deux salariés, mais il faudrait être trois fois plus. On sous-estime beaucoup les RH, alors même que leur coût est faible en comparaison d’autres dépenses. 

Du fait des changements politiques, il est difficile de trouver des financements pluriannuels. L’équilibre est fragile. A terme le financement pourrait venir de locomotives du secteur privé, comme Sigfox dans l’IOT Valley. 

France Clusters veut faire des propositions au gouvernement « d’une voie nouvelle à engager à l’appui des clusters d’entreprises » : quelles sont vos suggestions ?

Pour pérenniser nos financements pluriannuels, pour lesquels nous devons batailler, il faudrait des financement nationaux et notamment pour tout ce qui concerne le fonctionnement courant car il est compliqué de piloter une structure et d’embaucher en devant être en permanence dans des appels à projets ou des demandes d’aides ponctuelles. 

Mais aussi faire un travail de vulgarisation, expliquer ce que sont les clusters, les pôles de compétitivité, etc. aux décideurs locaux, qui changent souvent, aux CCI, mais aussi aux chefs d’entreprise. Pour cela il faudrait des présentations « clé en main » très simples et des vidéos courtes, faites par France Clusters avec l’Etat. Il faudrait aussi présenter les différents types de clusters existants avec leur financement, afin que tous les partenaires sachent de quels moyens ont besoin les clusters. 

Publié par christophefaurie

Co fondateur de l'association des INTERPRENEURS. Comment rétablir le plein emploi en tirant parti de la créativité de la PME traditionnelle.

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