La supply chain bretonne a le vent en poupe !

Logistique, sujet critique. Grande leçon de l’épidémie de coronavirus ! Dans notre tour de France des Clusters, en collaboration avec France Clusters, nous rencontrons un cluster qui a le vent en poupe : Bretagne Supply Chain (BSC). www.bretagne-supplychain.fr.

Un entretien avec sa déléguée générale : Elodie Le Provost. 

Quelle est l’origine de Bretagne Supply Chain ?

Un enjeu partagé par tous. La Bretagne se veut industrielle. La supply chain est un maillon stratégique pour elle. Notre raison d’être est de développer une chaîne logistique durable, à la fois sous les angles écologiques, économiques et sociaux. Notre réponse, c’est le réseau. La méthode, c’est le collectif. Nous ne sommes pas un lobby, nous valorisons ce qui se fait de bien sur le territoire. 

Au départ il y a eu les CCI de Rennes, de Bretagne et du Morbihan, une école spécialisée en logistique et supply chain, des fédérations de transporteurs… BSC a grossi par ses actions. Nous ne faisons pas beaucoup de prospection, les entreprises viennent surtout par le bouche à oreille. Nous sommes en plein développement. Du manque de masques en mars 2020 jusqu’à l’Even Given bloqué dans le canal de Suez, tout le monde sait maintenant ce qu’est la supply chain et a mesuré ses enjeux !

Nous avons 130 (objectif 2021 : 150) entreprises et structures adhérentes. Parmi elles, de belles PME ou des ETI de l’industrie ou de la distribution. Dans ces entreprises, en dessous d’une certaine taille ou d’une certaine maturité, il est malheureusement encore souvent compliqué de dédier du temps ou une personne pour participer activement aux activités du cluster. Le réseau des adhérents compte près de 550 personnes. Quelques dirigeants et, plus généralement, des spécialistes de logistique. 

Nos membres sont à 85% bretons. Nos adhérents sont tous intéressés par le territoire breton. Par ailleurs, nous appartenons (et sommes membre fondateur) à l’interclustering logistique. Il nous permet de partager nos expériences avec nos collègues d’autres territoires. 

Quelles sont vos actions en cours ? 

Nous travaillons sur 6 sujets :

  • RSE et transition énergétique.
  • Transition numérique et supply chain 4.0.
  • Emploi, attractivité du métier, adaptation des compétences.
  • Les outils et techniques de base de la performance supply chain.
  • Les attentes du consommateur, les tendances de consommation, et comment adapter sa chaîne logistique.
  • La logistique urbaine.

Notre force est la veille que nous effectuons et la mise en réseau. Si un sujet intéresse des adhérents, en fonction de leur nombre, nous organisons un atelier, un groupe de travail ou un colloque. Nous avons 5 projets collaboratifs en cours. 

Qu’apportez-vous à vos adhérents ? 

Nous avons 6 grands apports à notre adhérent :

  • Nous lui permettons de développer et entretenir son réseau professionnel avec des pairs, parfois ses voisins, mais aussi de potentiels partenaires, clients, fournisseurs, établissements et organismes de formation, institutionnels.
  • Etre informé. Nous faisons une veille sur tout ce qui concerne la supply chain sur le territoire de la Bretagne. 
  • Partager les bonnes pratiques, avec, notamment beaucoup d’ateliers ou des visites des uns chez les autres. 
  • Anticiper les tendances sur le métier ou sur le territoire.
  • Participer à la co construction de la performance logistique et supply chain du territoire. Valoriser les métiers, le territoire. 

Pouvez-vous donner quelques exemples de projets collaboratifs marquants ? 

LET’S GO. (https://www.bretagne-supplychain.fr/projet/lets-go/) Nos adhérents ont partagé un constat : notre métier est essentiel, mais il est méconnu, et il n’est pas valorisé. En février 2020, nous avons réuni un collectif de plus d’une centaine de structures, entreprises, organismes de formation (dont l’Education Nationale via l’Académie de Rennes), partenaires emploi (dont Pôle emploi Bretagne) et avons « fait le buzz » sur les métiers et les emplois dans la supply chain, la logistique et le transport dans l’Ouest. Concrètement, nous avons collectivement organisé plus de 160 événements sur tout le territoire : des visites d’entreprises ou des interventions de professionnel·le·s auprès des groupes de demandeurs d’emploi, de collégiens, de lycéens,… Nous avons également organisé un village métiers avec des démonstrations. Par exemple des simulateurs de conduite, des jeux de mise en situation et des professionnels qui parlent de leur métier. Cette opération a permis de sensibiliser environ 3000 jeunes et demandeurs d’emploi.

En 2021, les besoins de valorisation des métiers et de recrutements par nos adhérents étant toujours là, le collectif s’est adapté aux mesures sanitaires et une centaine d’interventions de professionnel·le·s ont eu lieu dans des classes de collèges, lycées ou des agences Pôle emploi partout en Bretagne.  

En 2017, Rennes Métropole a fait un appel d’offres d’accompagnement concernant la logistique urbaine. Nous l’avons gagné. C’est un problème complexe, auquel nous avons proposé une solution collaborative, avec un comité de suivi pluridisciplinaire. Nous avons fait un benchmark de ce qui existe et 50 interviews dont ont résulté une centaine de propositions d’actions. Le collectif en a sélectionné vingt-cinq. La charte devrait être signée en juin avec, en son cœur, une gouvernance pluridisciplinaire qui en assurera la pertinence et la pérennité. 

Que signifie la relance, pour vous ?

La logistique a le vent en poupe ! Notre savoir-faire porte sur la résilience de la supply chain. Nous savons expliquer ce qui marche et ne marche pas. 

Pour le reste nous ne sommes pas au cœur du plan de relance, de nombreux réseaux professionnels en Bretagne accompagnent les entreprises, dont nos adhérents. Par notre newsletter financement, nous informons nos adhérents des aides et appels à projets. Le plan de relance alimente nos sources. 

Qu’est-ce qui explique la réussite d’un cluster ? 

C’est la volonté du membre à participer à quelque-chose qui est « plus grand que lui ». Apporter sa brique à la supply chain durable. Tester de nouvelles choses. 

C’est aussi des bénéfices personnels. Notamment l’apport d’informations. En réunion de gouvernance, on a la température de l’actualité supply chain en un tour de table. Dans un groupe de travail ou un atelier, de deux heures, ils ont fait le tour d’un sujet. Ils apprécient aussi beaucoup les visites d’entreprises. 

C’est aussi le seul endroit où l’on peut aborder certaines questions, entre pairs et en sécurité, relatives aux difficultés de son métier, de son positionnement hiérarchique ou aux processus que l’on anime.

LET’S GO a été un événement marquant. Ça a changé beaucoup de choses ! Les adhérents ont ouvert leur porte. Ils ont participé à une action collaborative qui a mis en valeur la profession et leur métier. 

L’animation est une question critique. Il faut des méthodes pour guider leur travail. Ils faut qu’ils se sentent dans les conditions qui leur permettent de se libérer des sujets qui les proéccupent. Il faut faire émerger des projets. Sinon une commission vivote. Une mini révolution a été de se former à « l’intelligence collective » !

La Bretagne a une culture de coopération. Il y a beaucoup de clubs d’entreprises. Il y a un socle de valeurs fort. Les gens se retrouvent autour d’elles. Il y a un très fort attachement au territoire. 

Comment voyez-vous l’évolution de BSC ? 

Le fait que la valeur se crée dans la coopération entre le client et le fournisseur, les aspirations des nouvelles générations, l’intelligence collective, la co construction… tout cela nous porte. 

Nous avons aussi un gros potentiel d’adhérents. Notre mission principale est de les amener à monter en maturité sur notre sujet, la supply chain. 

Et nous sommes en croissance ! Nous recrutons un quatrième permanent. 

Quelle recommandation feriez-vous concernant le développement des clusters ? 

Nous sommes presque entièrement auto-financés par des projets. Cette multitude de sources de financements est extrêmement difficile à gérer, et nous ne sommes pas rémunérés pour faire le cœur de notre métier, c’est-à-dire passer du temps avec nos 550 adhérents, pour bien connaître leurs besoins, et faire émerger des projets. 

Pour gagner en sérénité, il faudrait assurer le financement d’au moins une partie de notre fonctionnement. Par exemple, un poste (ex : celui de délégué·e général·e) pourraît être financé, ensuite, la taille de l’équipe varierait selon les projets. 

J’insiste également sur le lien très fort entre des clusters locaux, comme Bretagne Supply Chain, et leur territoire. Cet ancrage est un véritable atout pour le développement du territoire, de façon décentralisée et adaptée aux réalités du terrain.

Publié par christophefaurie

Co fondateur de l'association des INTERPRENEURS. Comment rétablir le plein emploi en tirant parti de la créativité de la PME traditionnelle.

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