Cannes Fayet : chaque génération s’est adaptée !

Depuis 1909, quatre générations de la famille Fayet fabriquent des cannes. Une expérience du changement riche d’enseignements ? (http://cannes-fayet.com)

Un entretien avec Cédric Dauduit. 

Quelle est l’histoire des Cannes Fayet ?

L’histoire commence en 1909. La société s’est installée à Thiers pour des raisons d’approvisionnement de matière première telle que la corne ou le bois, comme pour la coutellerie. 

En ces temps personne ne faisait tout, il fallait plusieurs entreprises pour fabriquer une canne ou un parapluie. Nous étions des sous-traitants. C’était les boutiques qui vendaient les cannes sous leur marque. La marque Cannes Fayet n’est présente sur nos articles que depuis 20 à 30 ans.

De 1850 à 1920, c’est la grande période de la canne. Mais la démocratisation de l’automobile a été fatale aux accessoires vestimentaires comme le chapeau, les gants et à la canne !

Ensuite, l’entreprise a connu de belles années en ajoutant à sa fabrication de manches de parapluies et poignée de cannes, la réalisation du courbage de la canne. Mais, là aussi, il y a eu plusieurs crises successives. Avec, finalement, la Chine et la mondialisation. 

L’entreprise a employé jusqu’à 200 personnes au début du 20ème siècle. Aujourd’hui, du fait de cette crise sanitaire, nous ne sommes pour le moment plus que 5, après avoir été une dizaine au cours de ces dernières décennies.

Depuis plus d’un siècle, chaque génération a dû s’adapter au changement. Par exemple, il y a trente à quarante ans, nous ne vendions notre production quasiment qu’en maroquinerie, chapellerie et armurerie. Aujourd’hui, la pharmacie et les magasins spécialisés en vente de matériel médical représentent le gros de nos ventes. 

Nous avons aussi repris une boutique, à Paris en conservant le modèle initial de vente de cannes de collection, en ajoutant la vente de cannes haut de gamme.

Et votre histoire ?

Quant à moi ? Avec Amadine Fayet, mon épouse, nous avons repris la Maison, il y a 6 ans,  succédant à son père, Jean-Luc Fayet.Nous tentons de nous répartir les tâches, Amandine s’occupe plus particulièrement de l’exportation et de la comptabilité, pour ma part des approvisionnements, de la fabrication et de la commercialisation.

En 1999, alors que je devais effectuer une formation de commercial, je viens épauler l’atelier, pour deux mois, dans le cadre d’un surcroît de production… 22 ans plus tard je suis toujours présent ! Amandine nous rejoindra en 2007 pour débuter la transmission. Je n’étais pas manuel, mais je réalise que je peux transformer la matière et créer une canne. C’est une grande satisfaction et je me découvre une réelle passion pour cet objet !

Quels produits vendez-vous ? 

Nous avons deux gammes. 

Une gamme de cannes pour personnes âgées, qui se vend en pharmacie et magasin de vente de matériel médical. Nous créons nos motifs. Par exemple, récemment, nous avons décoré nos cannes de bouquets de tulipes et de muguets, de légumes et de notes de musique. Ce sont des nouveautés qui se vendent bien et que l’on ne trouve pas ailleurs. Jusqu’à ce qu’elles soient copiées par les Chinois. Mais, entre-temps, nous aurons changé les modèles. 

Nous avons aussi une production haut de gamme dont un savoir unique de courbage du bois exotique. Ces modèles haut de gamme se vendent surtout à l’export (20% du C.A.), dans notre boutique et chez quelques spécialistes. Notre histoire et nos cannes font rêver nos clients ! 

Et le coronavirus ?

Habituellement nos ventes s’accélèrent à partir du printemps, lorsque l’on recommence à se promener après la saison hivernale. Le coronavirus a fait chuter nos ventes de 70% sur la période des mois de mars, avril et mai 2020. Notre boutique parisienne étant dans une zone touristique internationale, et qui fonctionnait très bien, vend très peu depuis. 

Nous avons prévu la sortie de crise. Nous-nous sommes adaptés en réduisant nos effectifs et nous travaillons maintenant avec un réseau national de multicartes afin d’être plus réactif, car il est devenu difficile, pour un commercial, de se déplacer dans toute la France. 

Et l’avenir ? 

Nous y réfléchissons. 

Nous faisons de la vente en ligne. Il est probable que les prochaines générations de personnes âgées achèteront de plus en plus en ligne. Pour le moment nous hésitons à mettre plus de moyens. Nous ne voulons pas entrer en concurrence avec notre réseau de distribution. 

Nous espérons beaucoup dans le développement de notre smartcane, une canne connectée disposant d’un système d’intelligence artificielle permettant de veiller 24H/24 sur nos séniors. (https://www.smartcane.fr)

Nous étudions aussi l’export. Nous sommes déjà présents un peu partout dans le monde. La difficulté vient du fait que chaque pays a ses usages. Par exemple, aux USA, on achète énormément en ligne. Au Japon, c’est de la vente par correspondance, avec catalogue, du type La Redoute. Sans être implanté sur place et appréhender les différentes cultures, tout est difficile. 

Notre collection de produits haut de gamme a peu de concurrents, et pourrait être développée. En particulier, il y a un marché pour les articles de luxe. Notre boutique de Paris le prouve. Nous devons attendre la reprise de l’activité économique, pour poursuivre notre expérimentation, et peut-être l’étendre. 

Publié par christophefaurie

Co fondateur de l'association des INTERPRENEURS. Comment rétablir le plein emploi en tirant parti de la créativité de la PME traditionnelle.

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