« Par les adhérents, pour les adhérents » : le Réseau Mesure

La coopération nous apparaît comme la clé de la transformation de la PME. Dans l’enquête que nous consacrons à cette question, nous avons rencontré Estelle Duflot, directrice générale du Réseau Mesure. 

Quelle est l’histoire du Réseau Mesure ?

Notre particularité est qu’il n’y a pas de volonté politique à l’origine du Réseau. En 2001, 5 chefs d’entreprise du Val d’Oise voulaient refaire leurs peintures. Ils ont pensé qu’ils pourraient obtenir de meilleurs prix s’ils achetaient ensemble. Le Réseau Mesure Val d’Oise est né en 2002. Ils ont été rejoints par d’autres acteurs de la mesure. Ils trouvaient qu’il y avait du sens à échanger. Mais, tout aurait pu se terminer prématurément, lorsque le président de l’association est décédé. Heureusement, la Chambre de commerce, qui était un des précurseurs de l’animation de réseaux, l’a pris en main. 

Il a retrouvé son autonomie quelques années plus tard, en conservant le soutien de la CCI. Ses adhérents étaient, entre temps, passés de 30 à 50, toujours dans le Val d’Oise. Sa mission ? Favoriser leur développement au moyen de services partagés, de synergies créatrices de valeur et d’actions mutualisées. 

En 2010, le Réseau a été retenu lors de l’appel d’offres de la DATAR concernant les grappes d’entreprise. Il est devenu régional, puis national. 

Aujourd’hui, il a 182 adhérents. A 54%, ce sont des TPE de moins de 10 salariés. Il y a 38% de PME de 10 à 50 personnes. Ce sont donc plutôt de petites structures. Il y a une grande diversité de métiers : fabricants, intégrateurs, filiales de sociétés étrangères, distributeurs… Il y a une grande complémentarité entre nos adhérents. 

A ces entreprises viennent se joindre des laboratoires, LNE ou CETIA (à Lyon), et des partenaires : le Collège Français de Métrologie, la Communauté d’agglomération de Cergy, la CCI IDF, les syndicats professionnels…

L’équipe d’animation représente deux équivalents temps plein.

Quels sont les services que rend le cluster à ses adhérents ? 

Notre devise : « par les adhérents, pour les adhérents ». Notre force est la réactivité. 

Dès que trois adhérents ont une question, on monte un groupe de travail. Il produit un plan d’actions, diffusé à tous les adhérents. Cela a l’intérêt, en outre, d’amener les adhérents à se connaître et d’apporter à tous une information, voire une formation, à laquelle une petite structure n’aurait pas accès. 

Il y a trois thématiques (et plusieurs groupes par thématique) : achats mutualisés ; faciliter la vie des petites structures (par exemple, modèles de conditions générales de vente, sécurité routière) ; communication : amplifier la communication de nos adhérents et communication digitale. Nous avons un plan média, avec 17 partenaires, et nous organisons un salon. 

(Voir aussi : https://www.reseau-mesure.com/wp-content/uploads/2021/01/2021-RESEAU-MESURE-.pptx)

Quels sont les succès dont vous êtes fière ? 

Notre succès lors de l’appel d’offres DATAR, des grappes d’entreprise, a été une étape très importante pour nous. Nous avons étendu notre rayonnement et obtenu des budgets complémentaires. 

Surtout, nous sommes fiers de notre salon ! C’est la référence, en France, pour le secteur de la mesure. Il réunit de 100 à 130 exposants et 2000 visiteurs « ciblés ». 

Finalement, la communication digitale. Via les réseaux sociaux, on a démultiplié les sources de diffusion. 

Qu’en disent les adhérents ? 

Ils ne nous disent que ce qu’ils apprécient ! Je ne sais pas ce qu’ils nous reprochent. En tout cas, nous avons un très faible turnover…

La première raison de nous rejoindre, c’est une recherche de développement complémentaire.

Mais, aussi, cela leur permet de rompre la solitude du chef d’entreprise. Notre vrai atout, c’est de les sortir de leur esseulement. Et de les aider dans les démarches administratives, parfois complexes. Nous leur apportons un équilibre moral et opérationnel. 

Il y a pas mal d’échanges entre pairs. Ils font beaucoup de business entre eux. C’est un « petit monde » avec un esprit très dynamique. Ils apprécient la richesse des actions communes. Notamment notre communication digitale. 

Pour les filiales étrangères, c’est, au début, une question de logistique et, aussi, de relation à l’administration. 

On est de plus en plus connus. On est très visibles, en particulier par notre participation aux salons. De ce fait, on nous appelle pour nous demander des conseils. Par exemple avant de s’installer. 

Et le coronavirus ? 

Nous avons beaucoup accompagné nos adhérents sur la partie ressources humaines et télétravail, mais aussi sur la volet financier, par exemple affacturage. 

Aujourd’hui, on fait se rencontrer les gens, pour, qu’ensemble, ils relèvent la tête !

Qu’est-ce qui fait que « ça marche » ? 

Il faut être au plus près des adhérents. Il faut coller à leurs besoins. 

Ensuite, il y a un équilibre, toujours délicat, à trouver entre frais de structure et nombre d’adhérents. Nous gérons notre association comme une PME.

Surtout, il est très important de garantir l’engagement de l’adhérent. Ce qui est une des difficultés de l’animation. En effet tout le monde est de plus en plus débordé. Il faut qu’il trouve qu’il a un retour sur investissement sur le temps qu’il a donné. Par exemple, on a arrêté les grosses réunions. Les gens retirent beaucoup plus de bénéfices des petites. 

Pour connaître leurs problématiques, il faut connaître très bien les adhérents. Pour cela, je multiplie les occasions de les rencontrer. Je les ai souvent au téléphone, j’anime les groupes de travail, je les rappelle après une formation, je profite de mes déplacements pour rendre visite aux adhérents locaux…

L’animation joue un rôle essentiel dans la réussite d’un cluster. Les adhérents ont besoin d’être accompagnés. Il faut de la rigueur. Dans toutes les réunions, il y a un ordre du jour, un résultat à obtenir, et un timing, à respecter. Chaque réunion nécessite une préparation… 

Ma satisfaction ? J’ai l’impression que, quand ça ne va pas, ils sont contents de s’appuyer sur le réseau. 

Publié par christophefaurie

Co fondateur de l'association des INTERPRENEURS. Comment rétablir le plein emploi en tirant parti de la créativité de la PME traditionnelle.

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