Libération de la PME : nom du changement ?

Ce blog a démarré en mars 2020. C’est le temps du bilan.

Quelques chiffres ?

98 billets, dont 62 interviews et 35 revues de presse. Plus de 12.000 vues et 8.500 visiteurs.

Parmi nos best sellers : deux interviews traitant de l’artisanat, à plus de 700 vues ; deux interviews de spécialistes du retournement à plus de 500 vues ; la résilience face à l’épidémie, qu’elle soit psychologique ou juridique, des exemples de solidarité territoriale, et des dirigeants charismatiques, tout cela autour ou au dessus de 300 vues.

Comme nous n’avons pas fait de publicité à ce blog, nous avons été surpris par le succès des téléchargements du « manuel d’interpreneuriat », qui ont dépassé, toutes versions confondues, les 700. Et par celui de nos fiches techniques, pourtant très techniques, dont certaines ont été téléchargées près de 200 fois.

Nous avons aussi donné 3 webinaires.

Et l’association ?

Ce qui la motive est la conviction que la PME française a un génie qu’elle ne parvient pas à exploiter. C’est elle qui peut changer le pays.

Pas les « licornes ». Comme le montrent les histoires de Snowflakes, créée par deux Français, plus grosse introduction au NASDAQ, ou MODERNA, dirigée depuis son lancement par un Français, il est tout simplement rationnel, quand on a un projet de Licorne, ou le talent d’en diriger une, d’aller aux USA. Tout y est, infiniment, plus simple.

Pas plus les ETI. Il est illusoire de croire que leur apparition peut être assez rapide pour changer quoi que ce soit. D’autant qu’il y a quelques décennies nous en avions autant que les Allemands, et que leur disparition doit avoir une cause qui n’a pas disparu.

En revanche, il y a deux millions de PME « ordinaires », qui, elles, sont adaptées à leur environnement : un petit coup de pouce, et le pays est méconnaissable…

Pour le moment, nous voulons « poser le problème ». Nous procédons par enquête, d’où les 62 interviews, dont il est question plus haut. Elles font suite au « manuel d’interpreneuriat », qui résultait, lui aussi, d’une enquête. Nous menons, en outre, des expérimentations.

Quels en sont les résultats ?

Il y a bien une forme de génie français. Même bien plus génial, et complexe, que nous ne le pensions. En comparaison, que le numérique est fruste ! Mais, notre a priori initial était faux. Révéler ce « potentiel ignoré » n’est pas une question de techniques de management. En effet, celles qui pourraient apporter beaucoup au dirigeant sont tellement simples, qu’il les aurait déjà employées si sa performance était seulement une question de techniques.

Nous étions déjà arrivés à cette conclusion dans notre première étude. D’où le terme « INTERPRENEUR ». L’INTERPRENEUR est un entrepreneur qui sort de son entreprise pour exercer son talent entrepreneurial dans son écosystème (territorial, en particulier). C’est là que se trouve ce dont a besoin son potentiel pour se révéler. Et ça ne coûte presque rien.

Alors, le noeud du problème ?

Il est culturel. Lorsque nous pensons à l’entrepreneur, nous pensons que, comme un Américain ou un Allemand, il veut créer une entreprise. Eh bien non. Le Français veut faire réussir une idée ! Entrepreneur ou non, il est un homme d’idées, pas d’entreprise. Cela explique tout !

Il ne s’intéresse qu’à son idée, d’où la particularité de sa créativité. Tout le reste ne le concerne pas ou peu, en particulier la relation client, la gestion de son personnel, la communication ou l’expansion nationale ou internationale… Contrairement au dirigeant américain, bête de scène qui peut convaincre les financiers qu’une entreprise qui n’a rien produit vaut deux fois Renault (le cas de la start up Nikola, il y a peu), le Français ne voit pas l’utilité de parler de son entreprise. Quant au travail administratif, qui lui prend de plus en plus de temps ? Il le déprime, et lui donne envie de tout plaquer.

Notre Etat, aussi, est à son image. C’est un « mille feuille ». Chacun de ses constituants poursuit une idée de sa mission qui lui est propre. D’où une bien inefficace utilisation de moyens exceptionnels. Ses ailes de géant l’empêchent de marcher ?

Notre pays a été un champion économique, après guerre, aurait-il connu un accident ?

Michel Crozier écrit que le modèle social français d’après guerre est « bureaucratique ». La PME est là pour apporter la flexibilité que n’ont pas nos champions nationaux, technocratiques, donc ultra rigides. La PME est une sorte de service externalisé d’une multinationale structurée comme une administration. La PME fait des miracles pour que l’éléphant ait l’agilité d’une souris.

Dans les années 90 est survenue la « globalisation ». Nos grandes entreprises ont remplacé leurs fournisseurs nationaux par des étrangers. Mais nos petites entreprises n’ont pas changé de « modèle économique ». Tout ce que l’on dit aujourd’hui de la PME peut s’expliquer par ce modèle. Elle n’en est pas sorti. Car, en sortir, est un changement qui touche à la nature même de l’homme. Ce qui est complexe.

Contrairement à l’Europe du Nord, notre pays a « laissé faire » l’adaptation de son tissu de PME et d’ETI à la globalisation, et, auparavant, aux crises des années 70. Cela tient probablement à ce qu’un Etat technocratique ne peut mener le type de changement dont a besoin un tissu économique. Il s’agit maintenant de trouver la méthode de conduite du changement adaptée à notre situation.

Justement, que faire ?

Arrêtons de critiquer ! Il n’y a rien à critiquer. La PME, en particulier, est remarquable.

On ne change pas la nature des hommes. Appliquer un modèle anglo-saxon, tel qu’on l’enseigne en école de management, par exemple, c’est l’échec assuré. Il faut partir de l’entreprise et de l’entrepreneur tels qu’ils sont, et les aider à gagner en efficacité, en conformité avec leur culture, et avec leurs envies.

Le nom du changement est « libération ». C’est la question que traite « l’entreprise libérée » à laquelle nous avons consacré un webinaire (https://youtu.be/x9eev8TeuXQ). Il s’agit d’aider la PME à se libérer de sa condition de « sous traitant ».

Les vents sont favorables pour un tel changement. Pour ne prendre qu’un exemple, le numérique arrive à point nommé. Il est ce dont a besoin le dirigeant « homme orchestre ». Mais à condition que l’on oublie le discours marketing de la Silicon Valley, et que l’on comprenne bien le réel intérêt du numérique pour la PME.

Et 2021 ?

Qu’entend-on ?

  • Entreprises en manque de trésorerie dès avant le virus, nouvelles dettes (PGE et autres), marché absent : risque de faillites et de chômage de masse.
  • Les dettes de l’Etat exigent de lever plus d’impôts.

Il faut donc que la PME, non seulement ne dépose pas le bilan, mais augmente significativement sa rentabilité pour ne pas être asphyxiée (et nous avec) par la pression fiscale. Ce qui embarquerait la nation dans un cercle vicieux.

Quant à nos multinationales, il n’y a aucune raison qu’elles renoncent à leur politique de délocalisation, et d’optimisation fiscale, qui est à l’origine du changement dont il est question plus haut.

Pour sauver la France des conséquences de l’épidémie, l’entrepreneur est désormais bien plus important que nos vaillants personnels médicaux. Nous devons le reconnaître. C’est le premier pas vers le changement.

Voilà ce que l’on peut souhaiter au pays ?

Publié par christophefaurie

Co fondateur de l'association des INTERPRENEURS. Comment rétablir le plein emploi en tirant parti de la créativité de la PME traditionnelle.

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