CDI en temps partagé ou la « flexisécurité » ?

Dans la mesure du possible, la PME doit penser « mutualisation de ressources ». Qu’en est-il du CDI en temps partagé ? Nous interrogeons Sébastien Mezeix, directeur, associé du réseau ACTO, et Samantha Tisserand, responsable de l’activité CDI en temps partagé d’ACTO. 

Comment en êtes vous arrivés au temps partagé ? 

Le réseau ACTO, c’est 4 associés, 100 collaborateurs et 2000 personnes placées chaque jour. Nos agences s’étendent sur l’axe La Rochelle, Saint-Galmier. 

Le CDI en temps partagé est prévu dans le code du travail, mais n’a pas été développé. En 2012, nous avons consulté les entreprises pour connaître leur intérêt pour ce concept. Tout le monde était séduit ! Mais, en 2013, quand nous avons commencé, personne ne s’est lancé. Les entreprises avaient l’appréhension de la perte de leurs secrets professionnels. 

La formule n’a décollé qu’en 2018. Depuis, l’activité ne cesse de croître. 

Pourquoi fait-on appel au CDI en temps partagé ?

Quelques exemples :

Certaines entreprises ne peuvent employer certains personnels qu’à 80 ou 90%. Mais elles ne veulent pas perdre le temps qu’elles ont passé à les former. Ce qui arriverait s’ils partaient chez un autre employeur, voire un concurrent. Nous embauchons donc ces gens.

D’autres sont en attente de savoir comment vont évoluer leurs affaires, pour pouvoir embaucher définitivement une personne. Pendant ce temps, le salarié va bénéficier de nos formations. 

Il y a le cas de l’entreprise qui veut professionnaliser une fonction, par exemple la comptabilité ou les ressources humaines, mais qui ne peut pas occuper une personne à temps plein, et, d’ailleurs, qui ne sait pas de combien de temps de ce professionnel elle a besoin. Le CDI en temps partagé permet de trouver la bonne formule. 

Le dirigeant a « la tête dans le guidon ». Il lui est difficile de prendre du recul pour identifier ses besoins, et acquérir le savoir nécessaire pour leur trouver une solution. Pour les fonctions nouvelles, nous faisons des diagnostics, et proposons des solutions. Nous venons de le faire pour une entreprise qui n’avait pas de fonction RH, ce qui posait beaucoup de problèmes. 

Le CDI en temps partagé a aussi l’avantage d’éviter les contraintes administratives, que nous prenons en charge. Par exemple, la question du « motif », qui est toujours un casse-tête pour le DRH. 

Quels sont les intérêts du CDI en temps partagé pour le salarié ? 

Il y a beaucoup de demandes pour cette formule. 

Pour les intérimaires, c’est un accès au CDI, donc une sécurisation de l’emploi, la possibilité d’obtenir des prêts bancaires, d’avoir une vie de famille plus sereine. 

C’est surtout un moyen de monter en compétences. D’une part par l’expérience que l’on gagne à travailler pour plusieurs sociétés, d’autre part du fait de la gestion de carrière et du parcours de formation que nous offrons à nos salariés, notamment via nos centres d’enseignement. 

Comme employeur, nous offrons une mutuelle, commune à tous nos salariés, un régime de prévoyance et des tickets restaurant.

Quels types de fonctions sont concernés ? 

En province, il s’agit essentiellement des métiers support, comme les achats, le support informatique, la comptabilité, la finance, la logistique, les métiers de l’industrie… Cela permet à l’entrepreneur de se recentrer sur son cœur d’activité. 

La demande dans les grandes métropoles s’étend au commerce, au marketing, à la communication, etc.

Qu’est-ce qui est important pour bien faire votre métier ? 

Il faut savoir attirer. Notamment, il faut être présent sur la toile. 

Y a-t-il des tendances d’avenir ? 

Nous voulons capter la population des « séniors », les plus de cinquante-cinq ans. Ils ont une très grande expérience. Le temps partagé est idéal pour un travail de transmission. Par exemple, en mentorat d’un jeune. 

Notre concurrent est le portage salarial. L’avantage que nous présentons est que, avec nous, le salarié n’a pas à chercher ses clients. 

Vous semblez être une solution idéale à la « flexisécurité » que nos gouvernements ne parviennent pas à mettre en œuvre. Pourquoi ne connaît on pas mieux la formule du CDI en temps partagé ?

Le métier est nouveau. Jusqu’ici nous n’avons pas communiqué. En fait, il y a beaucoup de flou. En particulier, il n’y a pas de convention collective. La profession a décidé de faire avancer les choses. Nous-nous sommes regroupés dans un syndicat, SEED. Nous allons rencontrer le ministre du travail. 

Publié par christophefaurie

Sujet d'intérêt : le changement. Plus en tant que phénomène, que d'objectif à atteindre.

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