Le sourire, c’est vital !

Poursuite de notre enquête sur la reprise d’entreprise. Cette-fois, il s’agit d’un métier que le repreneur ne connaît pas. C’est la situation dans laquelle s’est trouvé Jean-David Ray, lorsqu’il a repris Electronica Technologies.

Comment en êtes-vous arrivé à reprendre Electronica ?

En 2008, j’ai revendu une société de bureautique. Je suis un passionné de moto, et je voulais reprendre une concession BMW, mais le projet de reprise n’a pas abouti. J’ai été embauché comme commercial dans une concession Porsche. Mais l’entrepreneuriat et le management me manquaient, c’est pourquoi, après quelques années, j’ai cherché une entreprise à reprendre. Son secteur d’activité n’étant pas mon premier critère de choix. 

Acquérir une entreprise n’est pas facile. Les vendeurs sont discrets. D’ailleurs, c’est aussi compliqué pour le cédant, qui part à la retraite. C’est pourquoi je me suis rapproché de l’agence de développement économique de Vichy, afin qu’elle m’appuie dans mes recherches. Elle m’a parlé d’Electronica, un sous-traitant électronique. Il fallait être inconscient ! Cependant, bien que je ne connaisse rien à l’électronique, j’avais tout de même une solide expérience en gestion et commerce, nécessaire dans ce projet de reprise.

Entre le premier contact et la signature, il a fallu deux ans. Le processus de transmission a été atypique : j’ai souhaité que le passage de témoin entre cédant et repreneur soit le plus simple et court possible. J’ai préféré découvrir l’entreprise avec mes propres yeux, sans être influencé par la vision et le ressenti de mon prédécesseur. Il m’a fallu près de deux ans pour bien comprendre les rouages et les spécificités de cette entreprise. 

Si je ne peux pas préjuger de l’avenir, je peux dire que, pour le moment, la reprise a été un succès. L’entreprise progresse tous les ans. 

Quels ont été selon vous, les facteurs de succès de cette reprise ?

Paradoxalement, cela est venu de ce que je ne connaissais pas ou peu. J’ai dû m’appuyer sur les collaborateurs. Ils y ont gagné en autonomie. Je n’ai pas imposé de méthodes. Mon rôle, c’est la vision générale, à long terme, l’organisation. Le personnel ne s’est pas senti agressé. La confiance s’est installée dans l’entreprise.

Quel est le positionnement d’Electronica ? 

Aujourd’hui, la société réalise 2,5m€ de chiffre d’affaires, et emploie 25 personnes. Notre champ de compétence et d’action est vaste. 

Tout d’abord, nous sommes un sous-traitant en électronique. Nous sommes placés sur une niche dans la mesure où nous n’avons pratiquement pas de concurrents dans la région. Notre force est notre bureau d’étude qui nous permet de proposer une prestation complète : de la conception à l’industrialisation des produits pour des petites et moyennes séries. 

Par ailleurs, nous avons une gamme d’audiomètres, en propre, que nous commercialisons en France et à l’étranger. 

Enfin, nous faisons aussi de la réparation et de la maintenance. Notre force est la qualité de notre main d’œuvre, et notre rapidité d’exécution. Un de nos savoir-faire est de re-fabriquer des cartes pour des matériels anciens. En effet, il arrive de plus en plus souvent que les matériels anciens soient de meilleure qualité que les nouveaux, et que les entreprises veuillent les conserver. 

Nous travaillons dans le domaine médical, mais nous avons aussi des clients tels que Michelin et la SNCF.

Récemment, j’ai acquis une autre entreprise avec quatre salariés. Il s’agit d’un bureau d’étude dont le dirigeant voulait prendre sa retraite.

Ce bureau m’intéressait pour plusieurs raisons. D’une part, je dois gérer le départ à la retraite d’un certain nombre de mes employés, alors que ceux de cette société ont moins de 30 ans et une mutualisation du personnel est possible. D’autre part, elle est basée à Clermont-Ferrand où, il est plus facile de recruter qu’à Vichy. Enfin, elle a un savoir-faire concernant le plasma froid qui m’intéresse.

Il n’est pas question d’intégration. Les deux sociétés ont des cultures et des marchés radicalement différents. 

Quelle est votre philosophie du management ? 

Depuis mon enfance, j’ai baigné dans le commercial, et cela a influencé ma vie. 

Ce qui fait avancer l’entreprise c’est le client. Ce sont ses demandes qui nous font apprendre et qui nous amènent à nous adapter, à évoluer et à acquérir de nouvelles compétences. 

Je pense qu’il faut donner pour recevoir. Il y a quelques temps, un de nos clients, une très belle petite société, a perdu un de ses techniciens. Il possédait une partie de son savoir-faire. C’était la panique totale. Son dirigeant, qui venait de reprendre la société, nous a demandé de l’aider. Ce que nous avons fait, gratuitement. Aujourd’hui, il y a une confiance totale entre nous. 

Je suis bien, j’ai trouvé une activité qui me plaît. Quand on est heureux, on le transmet. Et c’est le bien-être qui fait que « ça fonctionne ». On travaille pour se nourrir, mais, si on ne trouve pas du plaisir dans le travail, ça ne marche pas. Je suis content, par exemple, que des gens qui travaillent à la production disent : je suis fier de ce que je fais. Et, effectivement, la soudure de composants demande un savoir-faire rare. 

Pour moi, le savoir-faire est primordial, et cela a un coût. Je crois que l’entreprise française a le tort de chercher à faire de « petites économies », et devrait de préférence s’orienter vers la qualité.

Le sourire, c’est vital. C’est la devise du commercial !

Publié par christophefaurie

Co fondateur de l'association des INTERPRENEURS. Comment rétablir le plein emploi en tirant parti de la créativité de la PME traditionnelle.

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