Philippe Berthet : J’ai eu beaucoup de chance, mais il faut savoir saisir sa chance !

Philippe Berthet vient de revendre sa société, qui employait vingt personnes. Vendre son patrimoine est une question critique pour tout chef d’entreprise, d’autant que, par définition, il manque de pratique. 

Comment Philippe Berthet s’y est-il pris ?

Comment s’est passée la vente de votre société ? 

En fait, je n’ai pas vendu la société… on est venu me l’acheter ! ça change tout !

La chronologie de la vente est la suivante : en juin 2018, je participe à une réunion d’information à la CCI sur la transmission de son entreprise. On m’informe qu’il faut bien s’y prendre 3 à 4 ans à l’avance. Parfait ! J’ai 58 ans… Je compte partir à 62 ans. J’ai donc mes 4 ans pour transmettre.

Nous sommes en juin… ça attendra bien septembre ! Mi-septembre, alors que je n’ai entrepris aucune démarche, une personne spécialisée dans les cessions d’entreprises « bureautique » me contacte. Si je suis vendeur, me dit-elle, il y a quelqu’un d’intéressé… Ils m’en proposent un prix légèrement supérieur à mon estimation…

Donc les choses s’enchaînent rapidement. Audits, signature protocole. A Noël, c’était pratiquement bouclé…

Est-ce aussi simple que cela ? 

Presque. L’entreprise a été achetée par une grosse société. Au début, les audits se succédaient. Ce qui me faisait un peu peur. J’ai demandé conseil à mon avocat, qui m’a dit que c’était la manière de procéder des grandes entreprises. L’avantage, c’est qu’elles vont vite, et qu’elles ont les moyens de payer. 

Les spécialistes défilaient. Ils ont passé deux jours avec mon comptable. Puis un jour avec moi. Puis, j’ai rencontré le dirigeant de l’acquéreur, qui m’a dit que c’était le rendez-vous le plus important. Il m’a demandé ce que je voulais faire après la vente. Je suis resté quinze mois, pour faire tourner la société. On m’a laissé une autonomie totale. 

Comme toutes les activités de l’entreprise n’intéressaient pas le repreneur (spécialisé dans les photocopieurs) j’avais comme mission de trouver un ou des acquéreurs pour les autres départements : mobilier, papeterie, caisse et informatique. J’ai donc « revendu » la société une seconde fois !  Il y a eu 3 personnes intéressées ; les 2 premiers projets n’ont pas abouti, le troisième fut le bon !

Comme j’arrivais au terme de mon CDD de 15 mois avec le premier acquéreur, je suis reparti pour un nouveau CDD de 8 mois avec la personne ayant racheté les branches cédées.

Quels conseils donneriez-vous à un dirigeant qui veut vendre son entreprise ?

Celui que l’on m’a donné : il faut s’y prendre tôt ! Quatre ans à l’avance. 

Ensuite : le train ne repasse pas deux fois. J’ai eu beaucoup de chance, mais il faut savoir saisir sa chance. 

Un président de la CCI m’avait dit : « quand tu achètes une entreprise, pense à la revente ». C’est ce que j’ai fait. Au CJD, on m’a dit : « il faut apprendre à déléguer ». Si tout repose sur vos épaules, votre entreprise est invendable. J’ai construit une entreprise qui tournait bien, avec une bonne équipe. 

Mais, pour cela, j’ai été prêt à débaucher des personnels très compétents. Mais aussi à leur laisser de l’autonomieEt à bien les payer : certains mois, mes commerciaux gagnaient plus que moi !

Parallèlement à ma vie professionnelle, j’ai beaucoup de passions : pêche à la mouche, VTT, moto, etc. Je prenais deux mois de vacances par an. Et c’est important. Un dirigeant me disait : « que vais-je faire quand j’aurai vendu ? » Comment voulez-vous réussir la vente de votre entreprise dans ces conditions ? Or, il suffit de regarder ce que propose Internet, pour trouver à s’occuper. Par exemple, si vous êtes un patron du BTP et que vous aimez diriger des chantiers, vous pouvez faire du bénévolat…

Chaque année, je demandais à mon expert comptable d’évaluer la société, si bien que j’ai pu vite comprendre que le prix que l’on me proposait était le bon. 

Quant à la vente, cela va très vite. Et l’on n’y est pas préparé. Il faut être accompagné. Mon expert comptable m’a conseillé de prendre un avocat en droit des affaires. Pour le trouver, c’est là que votre réseau prend toute son importance. Il faut connaître d’autres chefs d’entreprise qui ont eu la même expérience que vous, et leur demander ce qu’ils ont fait. Il ne faut surtout pas prendre un avocat généraliste, qui n’y comprend rien. En particulier, cela m’a été très utile pour négocier la garantie de passif. Mon avocat m’a dit les clauses qu’il fallait signer, sans risque, et celles qui pourraient être retirées. Au début j’ai trouvé ses honoraires élevés, mais quand j’ai vu le travail qu’il fallait faire j’ai compris qu’ils étaient justifiés. Et c’est important, quand vous avez un doute, que quelqu’un vous rassure. 

Publié par christophefaurie

Co fondateur de l'association des INTERPRENEURS. Comment rétablir le plein emploi en tirant parti de la créativité de la PME traditionnelle.

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